États-Unis–Iran : les grandes lignes du protocole d’entente signé à distance par les deux parties
Les États-Unis et l’Iran ont rendu public, le mercredi 17 juin 2026, le contenu du protocole d’entente conclu à Islamabad visant à mettre fin au conflit qui les opposait et à rétablir la libre circulation maritime dans le détroit d’Ormuz.

Présenté par un haut responsable américain, le document établit un cadre de négociations de 60 jours destiné à aboutir à un accord définitif. Composé de quatorze points, ce texte prévoit avant tout un arrêt immédiat et permanent des opérations militaires entre les deux pays ainsi que leurs alliés respectifs.
Washington et Téhéran s’engagent à ne plus recourir à la force l’un contre l’autre et à respecter mutuellement leur souveraineté ainsi que leur intégrité territoriale. Le document inclut également le Liban, dont l’intégrité territoriale devra être préservée dans le cadre du règlement global.
Les deux parties conviennent d’ouvrir des négociations approfondies en Suisse dès cette semaine afin de parvenir à un accord final dans un délai maximal de soixante jours, renouvelable par consentement mutuel.
Sur le plan militaire, les États-Unis promettent de lever progressivement le blocus naval imposé à l’Iran et de retirer leurs forces des zones proches du territoire iranien après la conclusion de l’accord définitif.
En contrepartie, l’Iran s’engage à garantir la sécurité du trafic commercial dans le détroit d’Ormuz et à rétablir progressivement la circulation des navires marchands après des opérations de déminage et de sécurisation des voies maritimes.
L’un des aspects les plus marquants de l’entente concerne l’économie iranienne. Washington annonce son intention de travailler avec ses partenaires régionaux à un vaste programme de reconstruction et de développement économique évalué à au moins 300 milliards de dollars.
Les modalités précises de ce plan devront être définies lors des négociations à venir.
Le texte prévoit également une levée progressive de l’ensemble des sanctions imposées à l’Iran. Cette mesure engloberait les sanctions américaines, qu’elles soient primaires ou secondaires, ainsi que les restrictions liées aux résolutions internationales.
Les deux pays reconnaissent toutefois que ce dossier demeure l’un des plus sensibles et devra faire l’objet de discussions approfondies avant la conclusion d’un accord définitif.
Concernant le programme nucléaire iranien, Téhéran réaffirme qu’il ne développera ni n’acquerra d’armes nucléaires.
Les deux parties conviennent de négocier un mécanisme supervisé par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) afin de gérer les stocks d’uranium enrichi déjà existants.
Les questions liées à l’enrichissement futur de l’uranium et aux besoins nucléaires civils de l’Iran seront également abordées dans le cadre des pourparlers.
Dans l’intervalle, les États-Unis et l’Iran s’engagent à maintenir le statu quo. Téhéran conservera son programme nucléaire à son niveau actuel, tandis que Washington renoncera à imposer de nouvelles sanctions ou à renforcer sa présence militaire dans la région.
Le protocole prévoit également que le département américain du Trésor accorde immédiatement des dérogations permettant à l’Iran de reprendre ses exportations de pétrole brut et de produits pétroliers.
Les transactions bancaires, les assurances et les services de transport associés devraient également être autorisés.
Autre mesure importante : les États-Unis s’engagent à débloquer progressivement les fonds et avoirs iraniens gelés à l’étranger.
Ces ressources pourront être utilisées selon des procédures qui seront définies d’un commun accord durant les négociations.
Afin de garantir l’application de ces engagements, un mécanisme conjoint de suivi et de vérification sera mis en place.
Les discussions sur les points les plus complexes de l’accord ne commenceront qu’après la mise en œuvre effective des premières mesures prévues dans le protocole.
Enfin, les deux parties souhaitent que l’accord final soit entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité des Nations unies, ce qui lui conférerait une portée juridique internationale.
Ce protocole d’entente marque une étape majeure dans le rapprochement entre Washington et Téhéran après plusieurs années de tensions et plusieurs mois d’affrontements.
Toutefois, les questions liées au programme nucléaire iranien, à la levée des sanctions et aux garanties de sécurité demeurent au cœur des négociations, qui s’annoncent décisives pour la stabilité du Moyen-Orient.
Moïse François
Vant Bèf Info (VBI)
Avec Reuters
Discover more from Vant Bèf Info (VBI)
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
