Canapé-Vert : l’ANAP lance une opération contre les constructions anarchiques au Morne Gannier

L’Agence Nationale des Aires Protégées (ANAP) a lancé une opération de démolition dans le Parc national urbain de Canapé-Vert, situé au Morne Gannier. Cette intervention, menée le jeudi 23 juillet 2026, vise à mettre fin aux constructions illégales qui se multiplient dans cette aire protégée à haute valeur écologique.

CP: Christina Juliana Vilmé / Vant Bèf Info

Canapé-Vert, 24 juillet 2026 –

Le directeur général de l’ANAP, Pierre André Gédéon, accompagné d’agents de la Brigade de Surveillance des Aires Protégées (BSAP), s’est rendu sur les lieux sur instruction du ministère de l’Environnement. Plusieurs abris et petites constructions érigés sans autorisation dans le périmètre protégé ont été identifiés en vue de leur démolition.

Selon les responsables, le Morne Gannier constitue un espace naturel stratégique pour la protection de l’environnement. L’occupation anarchique de cette zone menace la biodiversité, favorise la dégradation des sols et compromet les efforts de préservation entrepris par les autorités.

Les familles concernées racontent toutefois une autre réalité. Beaucoup affirment avoir fui les violences des groupes armés à Canapé-Vert et à Carrefour-Feuilles. Chassées de leurs maisons, elles disent s’être installées dans cette zone faute d’alternative et ne disposent d’aucun autre lieu où vivre.

Au cours de la visite, les agents du ministère de l’Environnement ont informé les occupants qu’ils disposent d’un délai d’une semaine pour quitter les lieux. Passé ce délai, les constructions restantes pourraient être démolies dans le cadre de l’opération de libération de l’espace protégé.

Cette décision plonge de nombreuses familles dans l’incertitude. Les habitants disent ne pas savoir vers qui se tourner et craignent de se retrouver une nouvelle fois sans abri. Ils demandent aux autorités de tenir compte de leur situation et de proposer des mesures d’accompagnement, notamment un programme de relogement ou une assistance humanitaire.

Cette situation illustre les conséquences directes de l’insécurité qui frappe Haïti depuis plusieurs années. Les violences des groupes armés ont provoqué le déplacement de milliers de familles, dont beaucoup se sont installées dans des zones non autorisées faute de solutions de relogement.

En l’absence d’une réponse durable à la crise sécuritaire et humanitaire, ce sont les citoyens qui continuent de payer le prix fort, pris entre l’obligation de préserver l’environnement et le besoin fondamental de disposer d’un toit.

Christina Juliana Vilmé
Vant Bèf Info (VBI)


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