Haïti-Élections: Après plusieurs ajustements, l’OBGD réclame un calendrier réaliste face aux défis sécuritaires
À deux mois du premier tour des élections générales, prévu le 13 décembre, l’Observatoire pour la Bonne Gouvernance et la Démocratie (OBGD) appelle à réévaluer l’ensemble du processus électoral. Dans un bulletin publié ce vendredi 9 octobre 2026, l’organisation pointe les modifications du décret électoral et les difficultés sécuritaires qui pourraient peser sur les préparatifs.

Port-au-Prince, le 9 octobre 2026.Selon l’OBGD, les revendications des partis et groupements politiques ont entraîné plusieurs ajustements. Face à cette situation, l’organisation demande aux autorités de revoir les conditions de préparation et d’établir un calendrier adapté aux réalités du pays.
Des modifications dans le décret électoral
Le décret électoral a été amendé les 2 juillet et 5 octobre 2026. Les nouvelles dispositions touchent notamment au fonctionnement du Conseil électoral provisoire (CEP), aux conditions de candidature et aux opérations de vote.
Le premier amendement a supprimé la disposition prévoyant la démission d’un membre du CEP après trois absences non motivées. Il a également abrogé les critères permettant de constater le dysfonctionnement du Conseil. Par ailleurs, le délai de transmission de certains rapports électoraux est passé de quinze jours ouvrables à trente jours.
Le texte prévoit aussi un quota d’au moins 30 % de femmes. Il confie au CEP la vérification des listes de membres présentées par les partis et groupements politiques, une tâche auparavant attribuée au ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP).
Le deuxième amendement précise les responsabilités du Conseil d’administration et de la Direction générale. Il prévoit notamment une réunion plénière ordinaire au moins une fois par semaine et la publication d’une note informative après chaque réunion.
Les frais de candidature réduits
Les frais d’inscription ont également été revus à la baisse. Pour la présidentielle, ils passent de deux millions à un million de gourdes. Pour les élections sénatoriales, ils diminuent de 800 000 à 400 000 gourdes.
Les candidats à la députation devront désormais payer 100 000 gourdes, contre 300 000 auparavant. Les femmes bénéficient d’une réduction de 50 %, cumulable avec les autres allègements prévus.
Le deuxième amendement supprime par ailleurs l’obligation de fournir des attestations annuelles justifiant le paiement des redevances fiscales. Il harmonise également plusieurs conditions d’éligibilité applicables aux différents postes électifs.
Les inscriptions prolongées jusqu’au 31 octobre
Le calendrier des candidatures a lui aussi été réaménagé à plusieurs reprises. Le 2 septembre, le CEP avait prolongé les inscriptions jusqu’au 14 octobre. Le 16 septembre, il avait annoncé une nouvelle prolongation des délais d’inscription en ligne et de dépôt des pièces jusqu’au 9 octobre.
Enfin, le 5 octobre, le Conseil électoral a fixé au 31 octobre la nouvelle date limite d’inscription des candidats. Malgré ces reports, le premier tour des élections générales reste prévu pour le 13 décembre 2026, selon le bulletin de l’OBGD.
La sécurité reste une préoccupation
Pour l’OBGD, les ajustements administratifs ne suffisent pas à garantir le bon déroulement des opérations. L’organisation estime qu’une évaluation doit également tenir compte de la situation sécuritaire et des capacités des institutions concernées.
Elle recommande de rétablir la confiance dans le CEP, de clarifier les responsabilités de chaque institution et de déterminer les conditions de sécurité nécessaires. Elle plaide enfin pour un calendrier réaliste, afin de permettre aux citoyens d’exercer effectivement leur droit de vote.
Mederson Alcindor
Vant Bèf Info (VBI)
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