Rapport de l’ONU : 70 % des cartouches saisies en 2026 auprès des gangs Jamesley et Krache Dife provenaient des stocks de la PNH

Le Groupe d’experts de l’ONU met en évidence un possible détournement de munitions des stocks de la Police nationale d’Haïti (PNH) vers des groupes armés.

CP: le Nouvelliste

Port-au-Prince, 8 octobre 2026 — Dans son rapport final S/2026/714, le Groupe d’experts indique que 70 % des 336 cartouches de calibre 7,62 × 51 mm documentées lors de saisies auprès des gangs Jamesley et Krache Dife, en 2026, avaient été détournées des stocks de la PNH.

CP: RFI

Des munitions de la PNH retrouvées chez des gangs

Cette information figure au paragraphe 111 du rapport. Les experts présentent le détournement des stocks de la PNH comme une source persistante d’approvisionnement des groupes armés.

Ils indiquent que des munitions utilisées par la police sont régulièrement retrouvées dans les stocks de gangs. Des armes utilisées par la PNH sont également récupérées auprès de membres de groupes armés.

Le rapport précise que les 336 cartouches concernées sont celles documentées par les experts dans le cadre de saisies effectuées auprès de Jamesley et Krache Dife en 2026.

Le chiffre de 70 % ne concerne donc que cet échantillon. Il ne signifie pas que 70 % de toutes les munitions détenues par les gangs en Haïti proviennent de la PNH.

Plusieurs sources d’approvisionnement

Selon le Groupe d’experts, les groupes armés disposent de plusieurs sources d’approvisionnement.

Ils se procurent notamment du matériel par l’intermédiaire de réseaux transnationaux. Les transferts entre gangs constituent également une source d’armes et de munitions.

Le détournement des stocks des forces de sécurité représente une autre source.

Le rapport indique notamment que les pertes enregistrées lors d’affrontements avec les gangs peuvent entraîner des détournements. Il fait également état de vols commis par des policiers corrompus.

Des cas de vente de munitions

Le Groupe d’experts affirme avoir enquêté sur un réseau de policiers de l’Unité départementale de maintien de l’ordre (UDMO) qui aurait vendu des munitions à des gangs.

Le réseau opérait notamment depuis le commissariat de Pat-Chwal, à Saint-Marc, selon le rapport.

Les experts rapportent également que des caisses de munitions provenant des stocks de la PNH ont été identifiées dans des arsenaux liés à des groupes armés.

Un problème de traçabilité

Le rapport souligne ainsi les difficultés liées au contrôle des armes et des munitions détenues par les forces de sécurité.

Pour les experts, la traçabilité des stocks constitue un enjeu majeur. Les détournements peuvent alimenter directement les groupes armés.

Le Groupe d’experts documente par ailleurs une importante diversité de calibres et de fabricants parmi les munitions saisies. Sur un échantillon de 1 200 cartouches étudié pendant la période couverte par le rapport, une part importante provenait de stocks nationaux, principalement haïtiens.

Un risque pour les opérations de sécurité

Le détournement de munitions fragilise également les opérations de la PNH. Il peut renforcer les capacités de groupes armés combattus par les forces de sécurité.

Le rapport S/2026/714 recommande ainsi de renforcer les mécanismes de contrôle des armes et des munitions. La sécurisation des stocks et leur traçabilité apparaissent comme des éléments essentiels pour limiter les détournements.

Les conclusions du Groupe d’experts portent sur les éléments documentés dans le cadre de ses investigations. Elles ne signifient pas que l’ensemble des agents de la PNH est impliqué dans ces détournements.

Christina Juliana Vilmé
Vant Bèf Info (VBI)


Discover more from Vant Bèf Info (VBI)

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *