Grand’Anse : la maladie du charbon décime le cheptel à Dame-Marie, l’OSDDGA appelle à une réponse sanitaire et sociale urgente

La maladie du charbon continue de faire des victimes dans le bétail dans la 5e section communale Baliverne, à Dame-Marie, dans le département de la Grand’Anse. Plusieurs animaux appartenant à des petits éleveurs sont déjà morts, tandis que d’autres présentent des signes d’infection. Des cas suspects chez des habitants de la zone sont également signalés.

Dame-marie le 28 août 2026- Face à cette situation préoccupante, l’Organisation Sociale pour le Développement Durable de la Grand’Anse (OSDDGA) a effectué, ce vendredi 28 août 2026, une visite de terrain afin d’évaluer les dégâts, sensibiliser la population et recueillir les doléances des familles touchées.

Sur place, l’organisation dit avoir constaté l’ampleur des pertes enregistrées dans le cheptel de Baliverne. Elle a également alerté les autorités concernées sur la nécessité d’une intervention rapide afin d’éviter une aggravation de la situation.
« Nous sommes venus sur le terrain et nous avons constaté les dégâts déjà causés par la maladie. Nous encourageons la population à prendre toutes les précautions nécessaires avec les animaux morts et à éviter tout contact avec les personnes présentant des signes de contamination, en attendant une intervention des autorités compétentes », a déclaré Aline Fermond, coordonnatrice générale de l’OSDDGA.

Des éleveurs confrontés à de lourdes pertes

Au-delà de la dimension sanitaire, l’épidémie représente également une menace importante pour les moyens de subsistance des familles rurales. Pour plusieurs agriculteurs et éleveurs de Baliverne, le bétail constitue une source de revenus, d’épargne et parfois la principale forme de capital familial.
Jude, un cultivateur de la zone, affirme avoir déjà perdu deux bovins. « Cette maladie m’empêche de dormir la nuit. J’ai très mal au ventre et la douleur est trop forte », témoigne-t-il.

Une mère de deux enfants, qui affirme présenter des symptômes après avoir été exposée à la maladie, raconte également son expérience : « J’ai senti un petit bouton apparaître près de mon cou. Ça me démangeait, puis la partie atteinte a commencé à gonfler et j’ai eu mal au ventre. », désole-t-elle.

Ces témoignages illustrent les inquiétudes grandissantes des habitants face à une maladie qui affecte à la fois leur santé et leurs activités économiques.

L’OSDDGA propose un accompagnement social pour les familles touchées

Pour Aline Fermond, coordonnatrice générale de l’OSDDGA, la réponse à cette crise ne devrait pas se limiter à la prise en charge immédiate de la maladie. Il faut également anticiper les conséquences économiques pour les familles ayant perdu leurs animaux.

Dans le cadre d’un projet d’accompagnement social et de relance économique, l’organisation préconise notamment la mise en place d’un mécanisme permettant d’identifier les éleveurs victimes, d’évaluer les pertes et de prévoir, lorsque les conditions sanitaires le permettront et sur avis des services vétérinaires, un programme de reconstitution progressive du cheptel.
Cette assistance pourrait prendre plusieurs formes : distribution encadrée de petits ruminants ou de bovins aux familles les plus affectées, appui en aliments pour animaux, accompagnement vétérinaire, vaccination lorsque celle-ci est indiquée par les autorités compétentes et formation des éleveurs sur les mesures de prévention.

« Il ne suffit pas de constater que des familles ont perdu leurs animaux. Pour beaucoup d’entre elles, ces bêtes représentaient leur capital economique. Une fois l’urgence sanitaire maîtrisée, il faudra penser à leur permettre de recommencer leur activité », estime Aline Fermond.

Un mécanisme de remplacement du bétail à envisager

L’agronome propose ainsi la création d’un fonds ou programme d’appui aux éleveurs victimes, associant les autorités publiques, les organisations paysannes, les ONG et les partenaires techniques et financiers.
Avant toute distribution de nouveaux animaux, l’OSDDGA estime toutefois nécessaire de procéder à une évaluation sanitaire de la zone afin d’éviter de réintroduire des animaux dans un environnement encore à risque.

Le programme pourrait également prévoir un accompagnement sur plusieurs mois, comprenant le suivi vétérinaire, la sensibilisation des bénéficiaires et la mise en place de mesures de biosécurité dans les exploitations.

Les autorités sanitaires et agricoles déjà mobilisées

La Direction départementale de la Santé de la Grand’Anse et la Direction départementale du ministère de l’Agriculture se sont également mobilisées. Des équipes ont été dépêchées sur le terrain afin d’évaluer l’ampleur de la situation et de déterminer les mesures à prendre.

L’OSDDGA appelle à une coordination étroite entre les services sanitaires, agricoles et les acteurs locaux pour assurer une réponse rapide et adaptée.L’organisation insiste également sur la nécessité de renforcer la sensibilisation de la population, notamment sur les risques liés à la manipulation ou à la consommation d’animaux morts dans des circonstances suspectes.

À Baliverne, l’urgence est donc double : protéger la population contre une maladie potentiellement grave et empêcher que les pertes de bétail ne plongent davantage les familles rurales dans la précarité.

Pour l’OSDDGA, la gestion de cette crise doit ainsi combiner réponse sanitaire immédiate, accompagnement social et stratégie de reconstruction économique, afin de permettre aux éleveurs victimes de retrouver progressivement leurs moyens de subsistance une fois l’épidémie maîtrisée.

Alors que les autorités compétentes se mobilisent face à la maladie du charbon, l’enjeu est désormais de mesurer l’impact réel de ces actions sur le terrain.

Judelor Louis Charles
Vant Bèf Info(VBI)


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