Haïti face au défi électoral : la réussite du scrutin dépendra de la situation sécuritaire

À l’approche d’une échéance électorale très attendue, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé tente de placer l’appareil d’État en ordre de bataille pour accompagner le processus devant conduire aux prochaines élections. Ce samedi, au Palais national, il a réuni les principaux responsables des institutions publiques autour de l’application du Décret électoral du 2 juin 2026.

L’État mobilisé autour du Conseil électoral provisoire

Cette rencontre stratégique, consacrée à « l’implication de l’administration publique dans l’application du Décret électoral », a rassemblé des membres du Gouvernement, des hauts responsables de l’administration, le président du Conseil électoral provisoire (CEP), Jacques Desrosiers, des représentants des forces de sécurité ainsi que des partenaires internationaux.

À travers cette initiative, le Gouvernement veut renforcer la coordination entre les différentes institutions afin d’accompagner le CEP dans sa mission et de créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections libres, crédibles et transparentes.

La responsabilité collective au cœur du processus

De son côté, le président du CEP, Jacques Desrosiers, a salué la démarche du Premier ministre visant à réunir les forces institutionnelles autour d’un objectif national majeur.

Il a rappelé que la réussite du processus électoral ne dépend pas uniquement du Conseil électoral provisoire, mais également de l’engagement des institutions publiques, des acteurs nationaux concernés et des partenaires internationaux.

La sécurité, le principal défi avant les urnes

Lors de son intervention, Alix Didier Fils-Aimé a insisté sur le lien direct entre sécurité et démocratie.

Selon lui, l’organisation d’élections crédibles nécessite avant tout un environnement stable permettant aux citoyens de participer pleinement à la vie démocratique.

Toutefois, la réussite du processus électoral reste largement conditionnée par l’évolution de la situation sécuritaire du pays.

La progression de la violence armée, le contrôle de certaines zones par des groupes criminels et l’instabilité persistante représentent des défis majeurs pour le calendrier électoral et la participation populaire.

« Le Décret électoral est promulgué. Les ressources de l’État sont mobilisées. Sans sécurité, il ne peut y avoir de démocratie effective. Sans élections crédibles, il ne peut y avoir de légitimité durable », a déclaré le chef du Gouvernement.

Des attentes fortes de la population

Le Gouvernement affirme vouloir renforcer les capacités des forces de sécurité nationales, restaurer l’autorité de l’État et garantir les conditions nécessaires à l’expression du vote populaire.

Mais au-delà des engagements officiels, la population attend des résultats concrets sur le terrain.

Dans un pays marqué par une profonde crise de confiance envers les institutions, la capacité des autorités à améliorer la situation sécuritaire sera déterminante pour donner une véritable crédibilité au processus électoral annoncé.

Emmanuel Joseph

Vant Bèf Info


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