Élections en Haïti : le CEP vise un premier tour le 13 décembre 2026, un calendrier qui relance le débat sur la faisabilité du scrutin

Un calendrier attribué au Conseil électoral provisoire (CEP) fixe le premier tour des élections présidentielle et législatives au 13 décembre 2026. Selon ce document, le second tour se déroulerait le 21 février 2027, tandis que les résultats définitifs seraient proclamés le 7 mars 2027.

Port-au-Prince, 24 juillet 2026 .–Même s’il n’a pas encore été officiellement publié par le CEP, ce calendrier marque une étape importante dans un processus électoral attendu depuis plusieurs années. Il relance surtout les interrogations sur la capacité de l’État à organiser un scrutin crédible dans un contexte de crise multidimensionnelle.

Un retour aux urnes attendu depuis plus d’une décennie

Haïti n’a plus organisé d’élections nationales depuis plus de dix ans. Cette longue interruption a progressivement vidé les principales institutions de leurs élus et accentué la crise de gouvernance.

Depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse, le 7 juillet 2021, plusieurs gouvernements de transition se sont succédé. Toutefois, aucun n’est parvenu à rétablir un pouvoir issu des urnes. Les reports successifs des élections ont prolongé l’incertitude politique.

La publication de ce calendrier constitue donc un nouveau signal envoyé par les autorités. Elle ne dissipe toutefois pas les nombreuses incertitudes qui entourent l’organisation du scrutin.

La sécurité, principal défi du processus électoral

Le principal obstacle demeure la situation sécuritaire.

Dans le département de l’Ouest, plusieurs quartiers de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince restent sous l’influence de groupes armés. Cette réalité limite les déplacements, perturbe les activités de l’État et complique toute opération électorale.

D’autres zones, notamment dans l’Artibonite et le Centre, continuent également de subir des violences, des affrontements armés et des déplacements forcés de population.

Dans ce contexte, sécuriser les électeurs, transporter le matériel électoral, installer les bureaux de vote et garantir la participation de tous les citoyens représentent des défis majeurs.

Le gouvernement et le CEP maintiennent leur engagement

Le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé et le Conseil électoral provisoire réaffirment leur volonté d’organiser des élections afin de rétablir des institutions légitimes issues du suffrage universel.

Plusieurs partis politiques et organisations de la société civile estiment néanmoins qu’un scrutin ne pourra être pleinement crédible sans une amélioration significative de la sécurité. Ils appellent également à renforcer les garanties de transparence et les conditions de participation sur l’ensemble du territoire.

Un calendrier encore attendu officiellement

À ce stade, le calendrier circule sous forme de document attribué au CEP, mais l’institution ne l’a pas encore rendu public officiellement.

Les prochaines communications du Conseil électoral devraient préciser le chronogramme complet, les opérations d’inscription des électeurs, les périodes de dépôt des candidatures ainsi que les dispositifs prévus pour respecter les échéances annoncées.

Si ces dates sont confirmées, elles ouvriront une nouvelle phase du processus de transition. Leur réussite dépendra toutefois autant de la volonté politique que de l’évolution de la situation sécuritaire dans le pays.

Moïse François

Vant Bèf Info


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