Haïti–République dominicaine : Edwin Paraison plaide pour un dialogue inclusif et durable
Les relations entre Haïti et la République dominicaine ont rarement été apaisées.. Marquées par des tensions récurrentes, elles ont connu un nouvel épisode en 2023 lorsque le président dominicain Luis Abinader avait vivement réagi à l’initiative de citoyens haïtiens de Ouanaminthe, qui avaient entrepris de creuser un canal d’irrigation sans l’appui de l’État. En signe de protestation, Abinader avait ordonné la fermeture de l’espace aérien dominicain.

Delmas, le 5 mai 2026-
Le 17 avril 2026, une rencontre au Parc industriel CODEVI a toutefois ravivé l’espoir d’un rapprochement. Les délégations des ministères des Affaires étrangères d’Haïti et de la République dominicaine se sont réunies dans le cadre du processus amorcé par la déclaration conjointe signée en 2021 à Elías Piña par Jovenel Moïse et Luis Abinader. Mais les avancées restent timides.
Interrogé par Vant Bef Info, l’ancien ambassadeur d’Haïti en République dominicaine, Edwin Paraison, estime que ce dialogue ne peut se limiter aux deux exécutifs. « Les négociations doivent impliquer d’autres secteurs vitaux de la société civile », insiste-t-il, soulignant que seule une approche inclusive permettra de résoudre durablement la crise migratoire qui affecte les deux pays.
Dans ce contexte, la reprise des opérations aériennes entre Haïti et la République dominicaine, initialement prévue le 1er mai 2026, a été reportée. La Junte de l’aviation civile dominicaine a expliqué que les autorités travaillent encore à l’élaboration d’un protocole de sécurité préalable à la relance des vols. Une décision qui a surpris Edwin Paraison, lequel regrette que la date fixée n’ait pas été respectée.
Ancien ministre des Haïtiens vivant à l’étranger, Paraison appelle à un « dialogue franc tourné vers l’avenir » afin d’instaurer un climat apaisé entre les deux peuples partageant l’île. La Fondation Zile, engagée depuis des années dans la promotion de la paix et la défense des droits des migrants haïtiens, se dit prête à offrir ses bons offices. « Ces échanges doivent engager les deux nations sur plusieurs décennies. Rien ne doit être laissé au hasard », conclut Paraison.
Uguenson Auguste
Vant Bèf info (VBI)
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