La formation et les soins menacés, les étudiants en médecine réclament une relocalisation temporaire de l’HUEH

Les étudiants de la Faculté de Médecine (FMP) s’inquiètent de la fermeture prolongée de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH). Ils dénoncent dqns une interview accordée à la rédaction de Vant Bèf Info (VBI), les perturbations dans leur formation et l’accès limité aux soins pour les patients vulnérables. Ils demandent à l’État une relocalisation temporaire de l’hôpital pour assurer la continuité des soins et des stages cliniques.

Port-au-Prince, 4 mars 2026 —

Pour Esdras Paul, président du Conseil des Étudiants, la situation dépasse le cadre pédagogique. Il estime que la fermeture de l’Hôpital Général brise des vies, des rêves et des carrières.

« C’est une véritable condamnation à mort pour de nombreux citoyens vulnérables, notamment les patients souffrant d’insuffisance rénale chronique qui nécessitent des séances régulières d’hémodialyse », a-t-il déclaré.

Il souligne également les difficultés rencontrées par les étudiants avec la réalisation des stages cliniques est devenue compliquée. Tout en demandant simplement à l’État haïtien de leur permettre de vivre, d’étudier et de servir notre pays. Une relocalisation temporaire et indépendante de l’HUEH, avec un plateau technique approprié, est vitale et non négociable, le temps que la sécurité soit rétablie à Port-au-Prince.

Denzy Jean Pierre, étudiant en troisième année de médecine et major de promotion, insiste sur l’impact de la fermeture sur le système de santé. « L’absence du plus grand centre hospitalier du pays constitue une entrave majeure au fonctionnement du système sanitaire haïtien. Elle compromet l’accès aux soins pour des milliers de citoyens et fragilise une population déjà vulnérable. En parallèle, elle perturbe la formation des futurs médecins, privés d’un cadre d’apprentissage essentiel. Il ne s’agit pas de solliciter une faveur, mais de rappeler une responsabilité régalienne », a-t-il affirmé.

Milot Exantus, étudiant en quatrième année, raconte une expérience particulièrement marquante. « Une femme de Kenscoff est venue consulter une semaine après un accouchement à domicile, avec une lacération périnéale de troisième degré. Lorsqu’on lui a demandé pourquoi elle n’était pas venue accoucher à l’hôpital, elle a répondu : ‘Bon, Lopital Jeneral fèmen, Doktè. Kisaw te vle m fè.’ Sa plaie était infectée et a dû être rouverte pour être suturée correctement. Cette situation aurait pu être évitée si l’HUEH avait été fonctionnel. Chaque jour, des femmes accouchent à domicile dans des conditions risquées, et des enfants meurent de maladies évitables », a-t-il dénoncé.

Davidson Médé, étudiant en cinquième année et major de promotion, s’inquiète pour l’avenir de sa promotion : « Comme futur interne, je suis profondément inquiet à l’idée de rejoindre le Cap-Haïtien pour mon internat. La majorité de mes camarades n’est pas prête économiquement et n’a pas de réseau solide dans le nord du pays. La réouverture de l’HUEH est inconditionnelle et urgente pour nous autres étudiants », a-t-il conclu.

Les étudiants appellent donc l’État à trouver une solution rapide, soulignant que la continuité de l’HUEH est essentielle non seulement pour la formation des médecins, mais aussi pour la survie de nombreux patients haïtiens.

Mederson Alcindor
Vant Bèf Info (VBI)


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