Haïti -Politique : une assise citoyenne face aux défis de la crise
Sécurité, droits humains, élections, participation des femmes, protection sociale, gouvernance laocale et res2ponsabilité de la presse : les principaux défis auxquels est confrontée la société haïtienne ont été au centre d’une Assise nationale citoyenne organisée mardi 15 qqseptembre, à l’occasion de la Journée ß2 de la démocratie.

Port-au-Prince, le 17 septembre 2026.- Le Refuge des Femmes d’Haïti, le Refuge des Femmes d’Haïti-Canada et la FEDOFEDH ont réuni plusieurs secteurs de la société autour du thème : « Haïti à la croisée des chemins : sécurité, démocratie, élections et participation des femmes. Quel avenir pour la Nation ? »
Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par l’insécurité, les déplacements forcés, la fragilisation des institutions et les difficultés d’accès aux services essentiels. Les organisateurs souhaitent donc dépasser le simple constat de la crise pour recueillir des propositions susceptibles d’alimenter un processus de plaidoyer.
Sous le thème « Haïti : vos engagements, nos droits », l’initiative entend également renforcer la question de la redevabilité. Novia Augustin, fondatrice du Refuge des Femmes d’Haïti, présidente de la FEDOFEDH et fondatrice du Refuge des Femmes d’Haïti-Canada, a rappelé que les citoyens doivent pouvoir suivre les engagements des institutions, questionner leurs décisions et demander des comptes.
La situation des personnes handicapées a été présentée par Melissa Sainfa, cofondatrice de Success Women Haïti et défenseure de leurs droits. Elle a appelé à renforcer leur protection et leur inclusion dans le processus électoral, tout en soulevant la question de l’accessibilité des bureaux de vote.
En marge de l’Assise, Akao Gerson Dominique, responsable de l’Initiative des Jeunes pour la Démocratie et la Gouvernance Locale (IJDGL), a appelé la société civile, particulièrement les jeunes, à se mobiliser autour de la question sécuritaire et à exiger des autorités des résultats permettant de créer les conditions d’une participation citoyenne effective et d’élections crédibles.
L’IJDGL préconise notamment un processus de démantèlement, de désarmement et de réinsertion des groupes armés, ainsi qu’une position commune des différents secteurs de la société face à l’urgence sécuritaire. En l’absence de résultats tangibles dans le délai attendu, l’organisation propose l’ouverture d’une concertation nationale réunissant les différents secteurs de la société afin d’examiner des mécanismes permettant de répondre à la crise et de favoriser le retour du pays vers un fonctionnement démocratique.
Le suivi de ces recommandations doit débuter le 17 octobre 2026.
La question du genre et de la gouvernance locale a été développée par le Prof. Marc Hugo Renaudin, représentant l’IGGEP. Il a plaidé pour une meilleure intégration du genre dans les politiques publiques, notamment dans l’accès à l’eau.
Jeffthanie Mathurin, directrice exécutive de l’ASFH, a abordé la santé des femmes sous l’angle de la sécurité humaine. Elle a mis l’accent sur l’accès aux soins comme condition de la participation des femmes à la reconstruction du pays.
La situation de Kenscoff a également été évoquée par Maxy Exavier Odné. Originaire de la commune, il a dénoncé ce qu’il considère comme le laxisme et la complicité des autorités policières face aux massacres perpétrés dans la zone.
Sur la protection sociale, Joubert Rochefort a présenté un tableau du secteur et appelé au renforcement des mécanismes d’accompagnement des citoyens. Il a également proposé la mise en place d’autorités de protection sociale comme organe régulateur.
Le secteur médiatique a été représenté notamment par Georges Allen, journaliste à Radio Télévision Caraïbes. Il a dressé un panorama de la presse dans le contexte actuel et plaidé pour une responsabilisation accrue des journalistes.
Mikerlange Registe, coordonnateur de la CJH, Shelsa Philius, coordonnatrice du CEDHA, et Saintil Wilnie, représentante du secteur femmes au CCM Haïti, directrice exécutive d’EPG et coordonnatrice générale de PLAFASOK, ont également répondu présents à cette rencontre.
Les interventions doivent désormais être suivies de recommandations. Les organisateurs annoncent la préparation d’un Rapport des Assises nationales, d’une Déclaration citoyenne, d’une Matrice des recommandations et de redevabilité et d’un document de plaidoyer destiné aux autorités nationales et aux partenaires internationaux.
Le 17 octobre 2026, les recommandations doivent être restituées publiquement. Cette étape doit également permettre d’engager un dialogue avec les décideurs, de rechercher des engagements institutionnels et de lancer un mécanisme citoyen de suivi.
Pour les initiateurs, l’importance de cette démarche réside précisément dans cette volonté de transformer les préoccupations exprimées par les différents secteurs en propositions structurées. Dans une Haïti confrontée à une crise multidimensionnelle, l’Assise entend ainsi ouvrir un espace de dialogue entre la société civile, les institutions et les partenaires nationaux et internationaux.
Mauryle Azaine
Vant Bèf Info ( VBI)
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