Haïti – Crise : Élections et sécurité, Me André Michel met en avant un nouvel accord politique
L’annonce, par le Conseil électoral provisoire (CEP), de la tenue des élections présidentielles et législatives les 30 août et 6 décembre 2026, dans un document officiel daté du 14 novembre 2025, ravive les débats sur la crédibilité du futur scrutin.

Port-au-Prince, 17 novembre 2025 —
Sur son compte X (ancien Twitter), ce dimanche 16 novembre, l’avocat et homme politique Me André Michel affirme que deux conditions indispensables doivent être réunies pour garantir la tenue des élections : « un accord politique pour diriger le pays face à l’échec du CPT et du gouvernement, et la mise en place d’un niveau de sécurité acceptable ».
Une prise de position controversée
Cette déclaration, centrée notamment sur la question sécuritaire, suscite de vives réactions. Plusieurs observateurs rappellent que Me André Michel figurait parmi les figures les plus actives des mouvements de contestation contre l’ancien président Jovenel Moïse. À l’époque, il appelait les jeunes à occuper les rues, ériger des barricades et paralyser les activités pour exiger le départ du chef de l’État.
Aujourd’hui, ses critiques estiment qu’il adopte une posture contradictoire, voire opportuniste : l’homme qui dénonçait autrefois la légitimité des institutions électorales réclame désormais des élections « stables, transparentes et consensuelles ». Une volte-face qui, selon eux, illustre les ambiguïtés d’une classe politique accusée d’avoir participé, directement ou non, à l’affaiblissement de l’État.
Au-delà du cas de Me André Michel, cette séquence révèle un problème plus structurel : l’absence de cohérence et de responsabilité collective au sein de la sphère politique haïtienne, où les discours fluctuent au rythme des circonstances, sans que leurs auteurs n’assument toujours les conséquences sociales et institutionnelles de leurs positions passées.
Une population méfiante
Alors que le pays traverse l’une des plus graves crises sécuritaires de son histoire, les appels à des élections crédibles peinent à convaincre. Nombre d’Haïtiens s’interrogent : « Comment croire en la sincérité du processus électoral lorsque ceux qui le réclament aujourd’hui ont contribué, hier encore, au désordre qu’ils disent vouloir combattre ? »
2026, un scrutin sous conditions
La tenue des élections de 2026 dépendra donc non seulement des progrès en matière de sécurité et d’un véritable consensus politique, mais aussi de la capacité des dirigeants à démontrer une cohérence réelle et un engagement sincère envers l’intérêt national.
Christina Juliana Vilmé
Vant Bèf Info (VBI)
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