Haïti-Électricité : le gouvernement prévoit 250 000 nouveaux raccordements et 5,9 milliards de dollars d’investissements d’ici 2032

Le gouvernement haïtien prévoit 250 000 nouveaux raccordements électriques d’ici 2032. Pour atteindre cet objectif, il mise sur des investissements estimés entre 5,7 et 5,9 milliards de dollars américains. Ces annonces ont été présentées lors d’un atelier national organisé ce jeudi par le ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC).

Port-au-Prince, jeudi 29 octobre 2026. Cette rencontre a été organisée avec l’Unité technique d’exécution (UTE) du ministère de l’Économie et des Finances et l’Autorité nationale de régulation du secteur de l’énergie (ANARSE). Elle vise à définir les priorités du développement énergétique et à améliorer l’accès à l’électricité dans le pays.

Plusieurs membres du gouvernement ont participé aux échanges. Parmi eux figuraient la ministre de la Planification et de la Coopération externe, Sandra Paulemon, le ministre de l’Environnement, Valéry Fils-Aimé, et le ministre du Commerce et de l’Industrie, James Monazard. Des représentants des partenaires techniques et financiers étaient également présents.

Une feuille de route énergétique pour 2027-2032

Au cours de cet atelier, les participants ont examiné deux documents stratégiques : le Plan de développement du secteur de l’énergie en Haïti et la feuille de route pour la transformation du secteur de l’électricité.

Ces instruments doivent faciliter la coordination des interventions publiques. Ils visent également à mobiliser les investissements nécessaires et à garantir un accès progressif à une électricité fiable et abordable.

Dans son discours, le ministre Joseph Almathe Pierre Louis a insisté sur la nécessité d’une planification rigoureuse. Il a notamment appelé à renforcer la discipline institutionnelle et à privilégier les résultats mesurables.

« Haïti ne se relèvera pas par l’improvisation. Elle se relèvera par la discipline, la planification et la rigueur institutionnelle », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, le ministre considère l’électricité comme un facteur essentiel du développement national. Selon lui, elle représente un enjeu de dignité humaine, de justice territoriale et de souveraineté économique.

Six réseaux régionaux pour améliorer l’accès à l’électricité

Pour réduire les inégalités entre les territoires, le plan prévoit la création de six réseaux régionaux. Ces infrastructures doivent assurer progressivement la production, le transport et la distribution de l’électricité. Des interconnexions seront également envisagées lorsque les conditions techniques le permettront.

En complément, le programme prévoit l’installation de mini-réseaux dans les localités éloignées. Des systèmes solaires autonomes seront aussi déployés dans les zones où les habitations sont dispersées.

Dans une première phase, environ 50 mini-réseaux pourraient alimenter près de 100 000 ménages. À cela s’ajouteraient des systèmes solaires individuels destinés à environ 227 000 ménages.

Le ministre a, en outre, défendu une politique d’électrification couvrant l’ensemble du territoire. Celle-ci doit concerner les dix départements géographiques, les 149 communes et les 574 sections communales.

« Le lieu de naissance d’un citoyen ne doit jamais déterminer son droit au progrès », a-t-il souligné.

Un taux d’accès à l’électricité de 60 % visé d’ici 2032

La feuille de route 2027-2032 fixe plusieurs objectifs chiffrés. Le gouvernement ambitionne notamment de porter le taux d’accès à l’électricité à 60 %.

Le programme prévoit également 250 000 nouveaux raccordements. Parmi eux, 150 000 devraient être réalisés grâce à des solutions décentralisées.

Par ailleurs, les autorités souhaitent réduire les pertes techniques et commerciales à moins de 35 %. Elles visent aussi une capacité de production fiable de 200 mégawatts dans la région métropolitaine et de 80 mégawatts dans les autres régions.

En matière de formation, le plan prévoit le renforcement des compétences nationales. À cet effet, 500 techniciens et gestionnaires devraient bénéficier d’une formation spécialisée.

Les investissements actuellement estimés oscillent entre 5,7 et 5,9 milliards de dollars américains. Toutefois, cette enveloppe pourrait évoluer en fonction des besoins supplémentaires de production électrique.

Des centrales solaires en construction dans plusieurs régions

Parallèlement à la planification nationale, plusieurs projets énergétiques sont en cours.

Dans le Nord-Est, une centrale solaire de 13,4 mégawatts est en construction à Caracol. Elle sera équipée d’un système de stockage par batteries. Selon le ministre, cette infrastructure doit renforcer l’approvisionnement électrique de Caracol, Limonade, Sainte-Suzanne, Trou-du-Nord et Terrier-Rouge.

À Jacmel, un autre projet est en cours sur le site de Monfleury. Il prévoit la construction d’une centrale solaire de 4 mégawatts, également équipée d’un système de stockage.

Ainsi, ces deux installations représentent une capacité solaire totale de 17,4 mégawatts.

En outre, deux projets pilotes sont en préparation aux Cayes et à Fort-Liberté. Selon les études présentées, chacun pourrait atteindre une capacité de production comprise entre 15 et 20 mégawatts. Des systèmes de stockage et les infrastructures nécessaires sont également prévus.

Le programme comprend aussi des mini-réseaux hybrides dans plusieurs localités. Les zones concernées sont notamment Vallières, Mont-Organisé, Capotille, Tiburon, La Cahouane, Marfranc, Moron, Chambellan, Beaumont et Dame-Marie.

Le solaire au cœur de la stratégie énergétique

Pour diversifier la production nationale, le MTPTC prévoit de combiner plusieurs sources d’énergie. La stratégie repose principalement sur le solaire photovoltaïque et le stockage par batteries.

L’hydroélectricité sera également exploitée lorsque les conditions techniques le permettront. Par ailleurs, une production thermique complémentaire doit contribuer à assurer la continuité du service.

À travers cette stratégie, le gouvernement entend faire de l’électricité un moteur du développement économique et social. Une meilleure alimentation électrique devrait notamment soutenir l’agriculture, la pêche, les entreprises et les activités industrielles.

Toutefois, la réalisation de ces objectifs dépendra de la mobilisation effective des financements et de la mise en œuvre des projets annoncés.

En conclusion, le ministre Joseph Almathe Pierre Louis a appelé à transformer les orientations stratégiques en réalisations concrètes. L’objectif affiché est d’élargir l’accès à l’électricité, de stimuler la production nationale et d’améliorer durablement les conditions de vie de la population.

Ronald André


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