Cybersécurité : Eddy Labossière juge le système financier haïtien vulnérable et réclame des garanties pour les clients
Le docteur en économie Eddy Labossière estime que le système financier haïtien demeure vulnérable face aux cyberattaques. En réaction à l’avis publié le 19 octobre 2026 par la Banque de la République d’Haïti (BRH), il plaide pour la mise en place de balises de sécurité plus solides, capables de protéger les données et les avoirs des clients, mais aussi de restaurer et de préserver leur confiance dans les institutions financières.

Port-au-Prince,le 22 octobre 2026-
Pour le docteur Labossière, interrogé par la rédaction de Vant Bèf Info (VBI), la sécurisation du secteur financier passe notamment par des investissements importants dans les ressources humaines. Selon lui, l’avenir du système dépend de la capacité des institutions à renforcer leurs compétences et à se doter de moyens adaptés aux nouvelles menaces informatiques. Il souligne également la nécessité de consolider les mécanismes de protection, alors que le secteur continue de fonctionner dans un contexte de crise multidimensionnelle.
Dans son avis, la BRH reconnaît l’ampleur croissante des cyberattaques, devenues, au cours des cinq dernières années, une menace majeure pour les institutions financières à l’échelle régionale et mondiale. Haïti n’est pas épargnée par ce phénomène, qui expose les établissements bancaires et leurs clients à des risques de vol, de divulgation de données confidentielles, de blocage des systèmes informatiques et d’interruption des services.
Face à cette menace, la Banque centrale affirme avoir intensifié, depuis 2023, ses efforts en matière de cybersécurité. Ces initiatives comprennent notamment la formation et la sensibilisation du personnel, ainsi que l’adoption de technologies visant à améliorer la fiabilité et la résilience des systèmes informatiques.
La BRH rappelle également aux institutions financières leur obligation de mettre en place des mécanismes de sécurité adaptés afin de réduire les risques et de limiter les conséquences d’éventuels incidents.
Aucune négociation avec les cybercriminels
La Banque centrale interdit formellement aux institutions financières haïtiennes de négocier avec des cybercriminels qui réclameraient une rançon après une attaque informatique. En cas d’incident, elle préconise plutôt l’activation des plans de contingence et de continuité des activités, afin de limiter les perturbations et de rétablir les services dans les meilleurs délais.
Ces mesures doivent permettre aux institutions concernées de mieux gérer les conséquences des attaques et de renforcer leurs dispositifs de sécurité à partir des conclusions des analyses techniques.
Toutefois, au-delà des dispositions annoncées par la BRH, la question de la confiance des clients reste centrale. La protection effective des données personnelles et des avoirs, la capacité de prévenir les attaques et la transparence dans la gestion des incidents constituent des enjeux majeurs pour la crédibilité du secteur.
L’avertissement de la Banque centrale remet ainsi au premier plan la nécessité de renforcer durablement la cybersécurité du système financier haïtien. Pour Eddy Labossière, la consolidation des compétences humaines et la mise en place de balises de protection efficaces sont essentielles pour mieux sécuriser le secteur et rassurer une clientèle exposée aux risques numériques.
Les cyberattaques, devenues de plus en plus fréquentes et sophistiquées, représentent une menace grandissante pour les institutions financières. Leurs conséquences peuvent dépasser le cadre d’un établissement ciblé et avoir des répercussions à l’échelle nationale, voire internationale.
Uguenson Auguste
Vant Bèf Info (VBI)
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