Solino : entre espoir et illusion d’un retour à la normale
Le mardi 8 septembre 2026, les équipes de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) ont visité Solino, quartier de la zone métropolitaine de Port-au-Prince durement marqué par la violence des groupes armés et nécessitant une reconstruction massive. Ici, les maisons calcinées côtoient les ruines laissées par des années d’affrontements. Depuis le retrait volontaire des bandes armées, les habitants réfugiés dans des camps de fortune espèrent pouvoir regagner leur quartier et reprendre une vie quotidienne normale.

Solio,le 9 septembre 2026-
La visite s’inscrit dans la continuité de plusieurs mois de dialogue avec les résidents, visant à mettre en place des mécanismes de représentation communautaire. Ces initiatives doivent permettre aux habitants de faire entendre leurs priorités et de s’impliquer directement dans les projets de réhabilitation tant attendus.
Pourtant, rien n’est encore assuré. La population, vulnérable et appauvrie, peine à renouer avec son passé : maisons, commerces et biens générateurs de revenus ont été perdus. Le programme gouvernemental « Retour aux quartiers » reste pour l’instant un projet sans lendemain. Les conditions de vie sont aujourd’hui plus précaires qu’avant l’embrasement de Solino par les gangs.
Les équipes de l’OIM ont rencontré des familles revenues sur place, évalué des habitations et des infrastructures locales, et examiné les projets d’installations solaires destinées à améliorer l’accès à l’eau. Mais pour l’instant, tout cela demeure sur le papier.
Le retour à la normale apparaît comme un vœu pieux. L’insécurité reste la principale inquiétude : comment réintégrer un quartier où l’État est absent et ses structures locales inexistantes ? Si les gangs ont pu chasser les habitants en 2024, les mêmes conditions persistent aujourd’hui, laissant planer la menace d’un cycle sans fin.
Uguenson Auguste
Vant Bèf Info (VBI)
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