SNGRS : « Katye Pam Pi Pwòp » peut-il faire oublier les promesses de « Zéro Déchet » ?
Le Service national de gestion des résidus solides (SNGRS) lance une nouvelle campagne baptisée « Katye Pam Pi Pwòp », après avoir porté le programme « Konbit Zéro Déchet ». Une nouvelle initiative qui se veut ambitieuse, mais qui intervient dans un contexte où les résultats de la précédente campagne continuent de susciter de nombreuses interrogations.

Sur le terrain, le constat demeure difficile à ignorer : les déchets continuent de s’accumuler dans plusieurs quartiers et la collecte reste problématique.
Malgré les campagnes de sensibilisation et les opérations annoncées, l’insalubrité demeure une réalité quotidienne pour une partie importante de la population. Dès lors, une question s’impose : que reste-t-il concrètement de « Zéro Déchet » ?
L’autre interrogation concerne les ressources mobilisées. Des millions de gourdes auraient été décaissées pour le programme « Zéro Déchet ».
Pourtant, les résultats visibles ne semblent pas être à la hauteur des attentes.
En l’absence d’un bilan financier et opérationnel détaillé, il devient difficile pour la population de mesurer l’efficacité des dépenses engagées. Le SNGRS devrait notamment préciser les montants utilisés, les activités financées et les résultats obtenus.
Le lancement de « Katye Pam Pi Pwòp » risque ainsi d’être perçu comme une nouvelle opération de communication si l’institution ne tire pas publiquement les leçons du programme précédent.
Changer de nom, multiplier les slogans et organiser de nouvelles campagnes ne suffisent pas à régler un problème aussi complexe que celui de la gestion des déchets.
La sensibilisation des citoyens reste importante, mais elle ne peut constituer l’unique réponse. Pour obtenir des quartiers réellement propres, il faut également assurer une collecte régulière, disposer d’équipements fonctionnels, renforcer les équipes sur le terrain et mettre en place un mécanisme efficace de suivi et d’évaluation.
Au-delà de cette nouvelle campagne, c’est la question de la crédibilité du SNGRS qui se pose. L’institution doit désormais démontrer, chiffres et résultats à l’appui, que les ressources publiques consacrées à la lutte contre l’insalubrité produisent réellement des effets.
Les citoyens ne demandent plus seulement des campagnes ou des promesses : ils veulent des rues propres, une collecte régulière et surtout des réponses claires sur l’utilisation de l’argent public.
Sans cette transparence, « Katye Pam Pi Pwòp » risque de rester un slogan de plus dans une longue liste d’initiatives annoncées contre les déchets.
Emmanuel Joseph
Vant Bèf Info
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