Haïti/Élections : l’INDDESC alerte sur les risques d’une crise postélectorale
L’Institut national pour la défense des droits économiques, sociaux et culturels (INDDESC) alerte sur les risques liés aux prochaines élections en Haïti.

Port-au-Prince, le 9 août 2026. — L’organisation estime que l’insécurité, les déplacements forcés et les difficultés d’inclusion pourraient affecter la crédibilité du scrutin prévu en décembre 2026.
Selon l’INDDESC, le contexte sécuritaire complique l’organisation des élections.
L’institut s’appuie notamment sur les données de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Selon l’OIM, 1 466 862 personnes vivent actuellement en déplacement interne en raison de l’insécurité armée.
Ces personnes vivent dans des familles d’accueil, des logements précaires ou des sites spontanés.
Des déplacés confrontés à des difficultés
L’INDDESC s’inquiète de l’accès des personnes déplacées au processus électoral.
L’organisation s’interroge notamment sur leur accès aux centres d’inscription et aux bureaux de vote.
Elle évoque aussi les difficultés liées à la perte ou à l’absence de documents d’identification.
L’institut estime que ces obstacles pourraient entraîner une exclusion électorale de fait.
Il s’inquiète également de l’influence des groupes armés sur le vote.
Selon l’organisation, la peur pourrait affecter la liberté et la confidentialité du scrutin dans certaines zones.
Une situation alimentaire préoccupante
L’INDDESC évoque également la situation alimentaire.
Selon les données du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), 5,83 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë de niveau crise.
Pour l’organisation, cette situation constitue un autre facteur de vulnérabilité à l’approche des élections.
Le scrutin prévu le 13 décembre
Le Conseil électoral provisoire (CEP) prévoit le premier tour de la présidentielle et des législatives le 13 décembre 2026.
Cette échéance reste toutefois liée à l’amélioration du climat sécuritaire et à la disponibilité des ressources financières.
L’INDDESC estime que ces conditions ne sont pas encore réunies.
L’organisation identifie plusieurs autres défis. Elle cite notamment l’identification des électeurs, l’accès aux centres d’inscription et de vote, la sécurisation des bureaux et le financement du processus.
Des garanties réclamées
L’INDDESC demande aux autorités de renforcer les garanties avant le scrutin.
L’organisation propose un mécanisme exceptionnel pour permettre aux personnes déplacées de récupérer ou de renouveler leurs documents d’identité.
Elle recommande également des modalités d’inscription et de vote adaptées aux déplacés internes.
L’institut préconise aussi une cartographie publique des zones à risque.
Il demande la mise en place d’un dispositif indépendant de sécurisation électorale.
L’INDDESC réclame enfin des mécanismes de prévention et de suivi des violences électorales.
Il propose notamment un dispositif national chargé de surveiller les violations avant, pendant et après le scrutin.
Pour l’INDDESC, les élections restent une nécessité démocratique.
L’organisation estime toutefois qu’elles doivent garantir la sécurité, l’inclusion et la légitimité du processus.
Elle avertit qu’un scrutin organisé sans ces garanties pourrait, selon elle, aggraver la crise politique et favoriser une nouvelle crise postélectorale.
Jean Allens Macajoux
Vant Bèf Info (VBI)
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