« Le pays ne peut pas voter dans le flou » : la TRN tire la sonnette d’alarme sur les élections de 2026

Port-au-Prince, 23 juillet 2026 — La Table de la Relève Nationale (TRN) alerte sur les risques de contestation liés au processus électoral en cours en Haïti. Dans une note de position de 34 pages publiée le 20 juillet 2026, l’organisation estime que les prochaines élections pourraient être fragilisées par un cadre juridique jugé incomplet, l’insécurité persistante, les déplacements massifs de population et les incertitudes institutionnelles.

La TRN appelle à une suspension immédiate des opérations liées à la validation des partis politiques et des candidatures jusqu’à la publication d’un texte électoral unique et harmonisé. Pour l’organisation, il ne s’agit pas de demander un report du scrutin, mais de garantir un processus fondé sur des règles claires et acceptées par l’ensemble des acteurs.

« Le pays ne peut pas voter dans le flou », soutient la TRN, qui estime que la poursuite des procédures d’enregistrement, de validation ou d’exclusion sous un cadre juridique fragmenté pourrait accentuer les tensions et ouvrir la voie à une nouvelle crise politique.

L’organisation demande au Conseil électoral provisoire (CEP) de conserver les dossiers déjà déposés tout en évitant de prendre des décisions définitives avant la clarification du cadre légal. Selon elle, les acteurs politiques ne peuvent être contraints de respecter des dispositions qui demeurent dispersées et parfois contradictoires.

Dans son analyse, la TRN met également l’accent sur les défis sécuritaires qui pourraient affecter la tenue du scrutin. Elle évoque notamment l’expansion des groupes armés, les déplacements de milliers de citoyens et les difficultés d’accès à certaines zones du pays. Pour répondre à cette situation, elle recommande la création d’un indice d’opérabilité électorale permettant d’évaluer objectivement la capacité des différentes communes à accueillir les opérations de vote.

La Table de la Relève Nationale critique par ailleurs plusieurs dispositions du décret électoral, notamment certaines conditions d’éligibilité, les exigences liées aux certificats de police, les mécanismes d’exclusion, les frais de candidature ainsi que les procédures de recours. Elle propose des ajustements afin de renforcer la transparence, l’équité et la confiance dans le processus.

À travers ses quinze recommandations, la TRN affirme vouloir prévenir une nouvelle période de contestation après les élections. Pour l’organisation, la crédibilité du scrutin ne dépend pas seulement du respect du calendrier électoral, mais aussi de la confiance des citoyens dans les règles qui encadrent leur droit de choisir leurs représentants.

En conclusion, la TRN appelle le CEP, le gouvernement, les partis politiques et les organisations de la société civile à engager rapidement un dialogue autour de ses propositions. Elle estime qu’il est encore possible de corriger les failles du processus, mais avertit que toute décision prise sans garanties juridiques et sans consensus pourrait affaiblir davantage la légitimité des élections prévues en 2026.

Alfailly Junior PIERRE
Vant Bèf Info (VBI)


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