Défenseurs Plus plaide pour une réponse fondée sur les droits humains face à l’exode des Haïtiens

La crise sécuritaire qui secoue Haïti continue de pousser des milliers de personnes à quitter leur maison, parfois sans savoir où elles pourront reconstruire leur vie. C’est autour de cette réalité préoccupante que le Collectif Défenseurs Plus a organisé une journée de réflexion dans le cadre du Forum Social Mondial Cotonou 2026, sous le thème : « De la violence à l’exode : impacts de la crise sécuritaire sur les flux migratoires internes et externes ». L’événement a réuni des représentants d’organisations de la société civile haïtienne et africaine, des universitaires et plusieurs défenseurs des droits humains.

Port-au-Prince 23 juillet 2026

Tout au long de la rencontre, les intervenants ont rappelé que les déplacements de population ne sont plus des situations isolées. En Haïti, la progression de la violence armée oblige chaque jour des familles à abandonner leur quartier, leur emploi et parfois même leurs proches pour tenter de trouver un endroit plus sûr. Pour beaucoup, l’exil apparaît désormais comme la seule option pour échapper à l’insécurité.

En ouvrant les travaux, le responsable des programmes de Défenseurs Plus, Ulrick Tintin, a insisté sur le fait que derrière les chiffres se trouvent des hommes, des femmes et des enfants dont les droits sont quotidiennement bafoués. Il a plaidé pour une mobilisation plus forte des autorités haïtiennes, des organisations régionales et des partenaires internationaux afin que la protection des personnes déplacées devienne une véritable priorité.

Les échanges ont également montré que la migration forcée est le résultat d’une crise beaucoup plus profonde. Au-delà de la violence, les participants ont évoqué la pauvreté, la fermeture des écoles et des centres de santé, la perte des moyens de subsistance ainsi que l’affaiblissement des institutions publiques, autant de facteurs qui poussent les populations à partir.

Intervenant en présentiel, Kerby Sainfort a mis l’accent sur les conséquences humaines de cette crise. Il a décrit les difficultés auxquelles sont confrontées les personnes déplacées, souvent privées de logement, d’accès aux soins, à l’éducation ou à des revenus suffisants. Selon lui, la réponse à cette situation doit être collective et placer la dignité des victimes au centre des actions entreprises.

Depuis sa participation en ligne, Sarr Mamadou a partagé plusieurs expériences africaines en matière de déplacements forcés. Il a souligné que les défis rencontrés sur le continent montrent combien la coopération entre les États, les organisations de la société civile et les partenaires internationaux est essentielle pour mieux protéger les populations contraintes de fuir leur foyer.

Au terme des discussions, les participants ont lancé un appel en faveur de politiques publiques plus humaines et plus inclusives. Ils estiment que répondre aux migrations forcées ne consiste pas uniquement à gérer les déplacements, mais aussi à s’attaquer aux causes profondes de l’exode en rétablissant la sécurité, en renforçant les institutions et en garantissant le respect des droits fondamentaux.

Par cette initiative, le Collectif Défenseurs Plus réaffirme son engagement à défendre les droits des personnes déplacées et des migrants. À travers le dialogue et le plaidoyer, l’organisation souhaite contribuer à une meilleure prise en compte des réalités vécues par les populations contraintes de fuir la violence et à promouvoir des réponses durables fondées sur le respect de la dignité humaine.

Emmanuel Joseph
Vant Bèf Info


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