Assassinat à Martissant : la famille Laurent accuse le gang « Ti Bwa »
Jean Célestin Laurent a été sauvagement assassiné le week-end dernier dans le quartier de Martissant. Sous le choc, sa famille accuse directement le gang « Ti Bwa » d’être à l’origine de ce crime et lance un appel poignant pour récupérer sa dépouille afin de lui offrir une sépulture digne.
Selon son fils, Pierre Antoine Laurent, son père travaillait depuis plus de trente ans comme jardinier dans le secteur du Parc de Martissant, aujourd’hui sous l’emprise du gang dirigé par « Kris la ». Malgré les démarches entreprises, le corps de la victime n’a toujours pas été restitué.

Martissant, 21 juillet 2026 –
En larmes, ce mardi 21 juillet, sur les ondes de Radio Caraïbes, Pierre Antoine Laurent a raconté les derniers instants de son père. « Les criminels de Martissant l’ont capturé le samedi 18 juillet 2026, l’ont violemment battu avant de le tuer », a-t-il témoigné avec émotion. Il précise que Jean Célestin Laurent avait été enlevé avec d’autres personnes, dont certaines ont réussi à s’échapper.
D’après les explications de Pierre André Laurent, les membres du gang cherchaient à obtenir des informations sur le Parc de Martissant, un espace reconnu pour sa richesse écologique et sa biodiversité. Son père, ancien gardien de la FOKAL et jardinier du parc, ne détenait aucune information stratégique. « Il ne faisait que son travail », insiste son fils, qui s’interroge : « À qui profite ce crime ? »
Profondément indigné, Pierre André Laurent peine à trouver les mots pour décrire l’horreur de ce drame. Selon lui, les groupes armés ont franchi un nouveau seuil dans la barbarie.
Le Parc de Martissant, situé dans une zone d’aménagement concertée, couvre près de 21 hectares de forêt urbaine. Déclaré d’utilité publique en 2007 en vue de la création du parc, il englobe notamment les anciennes propriétés Habitation Leclerc, Résidence Pauline et Résidence Katherine Dunham. Depuis avril 2017, il bénéficie du statut de parc national urbain.
Autrefois, l’Habitation Leclerc incarnait un havre de paix où poètes, musiciens, écrivains et artistes venaient puiser leur inspiration au cœur de la nature. Aujourd’hui, cet espace est englouti par la violence des groupes armés. Une transformation qui illustre tragiquement la dégradation de la situation sécuritaire dans cette partie de la capitale.
Ironie douloureuse du calendrier, au moment où ce crime était commis, la ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin, préparait son intervention prévue le lundi 20 juillet devant le Conseil de sécurité des Nations unies, évoquant notamment des progrès en matière de sécurité en Haïti. Sur le terrain, toutefois, les témoignages et les drames quotidiens dressent un tableau bien différent.
L’assassinat de Jean Célestin Laurent rappelle avec brutalité le climat d’insécurité qui continue de frapper des citoyens, de broyer des vies, de gâcher l’avenir. Une question demeure : Haïti est-elle en train de replonger dans une époque où la barbarie risque de devenir la norme ?
Uguenson Auguste
Vant Bèf Info (VBI)
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