Corruption en Haïti : le silence de l’ULCC dénoncé comme une complicité institutionnelle

Plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent un blocage administratif dans le traitement de dossiers sensibles liés à la corruption en Haïti. Dans une correspondance officielle adressée à l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), elles critiquent l’absence de suivi accordé à des dénonciations soumises depuis près d’un an.

Port-au-Prince, 6 avril 2026. Les faits remontent au 2 juin 2025, avec des compléments transmis en août. Les organisations affirment avoir fourni des éléments « précis et documentés » sur deux dossiers majeurs : une gestion jugée opaque des subventions et du programme MonCash au sein du Ministère des Affaires Sociales et du Travail (MAST), ainsi que des malversations présumées au Ministère de la Défense, incluant le détournement de véhicules et l’usage abusif de cartes de débit. Malgré la gravité des accusations, aucune avancée significative n’aurait été enregistrée, ce qui renforce un climat d’impunité.

Une confiance publique en chute libre

Pour les signataires, l’inaction de l’ULCC ne relève pas d’un simple retard administratif. Elle traduit un problème structurel qui affaiblit la confiance du public dans les institutions de contrôle. « La corruption en Haïti n’est pas un crime abstrait. Elle prive les enfants d’éducation, les familles de protection sociale et affaiblit les capacités des forces de sécurité », soulignent-elles.

Elles dénoncent aussi l’absence de publication des subventions dans le journal officiel Le Moniteur, qu’elles considèrent comme une violation des principes de transparence.

Pression judiciaire et mise en demeure

Face à ce silence jugé préoccupant, les organisations annoncent une mise en demeure formelle adressée à l’ULCC. Elles ont également saisi la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA) afin d’exiger un audit complet. Elles demandent l’ouverture immédiate d’enquêtes approfondies pour faire toute la lumière sur ces affaires de corruption.
Tolérance zéro contre la corruption.

Se présentant comme des « sentinelles de la société civile », elles réaffirment leur engagement dans la lutte contre la corruption en Haïti. Elles rappellent que ce combat est essentiel pour garantir une gestion transparente des ressources publiques. « Nul ne doit être au-dessus de la loi », concluent-elles, en appelant les autorités à agir sans délai.

Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)


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