Haïti/Violence des gangs: l’ONU alerte sur une crise des droits humain

Le dernier rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, publié hier lundi 23 mars 2026, montre un tableau noir de la situation en Haïti. Expansion des gangs, violations massives et faiblesse des institutions, le rapport souligne que le pays fait face à une dégradation, sans précédent, des droits fondamentaux.

Port-au-Prince, le 23 mars 2026.- Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a publié son rapport annuel sur la situation des droits humains en Haïti.

Le document montre une crise sécuritaire, dominée par une violence généralisée des gangs et une fragilisation des institutions publiques.

Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, les groupes armés continuent d’imposer leur contrôle par des meurtres, des enlèvements et des violences sexuelles. Ces exactions touchent la zone métropolitaine de Port-au-Prince et s’étendent à l’Artibonite et au Centre.

Le rapport mentionne que les gangs exploitent les axes stratégiques pour maintenir leurs activités criminelles et leur financement. Il cite q’au moins 3301 personnes ont été tuées entre mars 2025 et janvier 2026 lors des opérations de sécurité.

Une part importante des victimes inclut des civils non impliqués. Les opérations, appuyées par des drones et des acteurs privés, soulèvent des préoccupations sur l’usage disproportionné de la force et le respect du droit à la vie.

Parallèlement, des groupes d’autodéfense participent à des actes de “justice populaire, aggravant les violations.

Le phénomène appelé “Bwa Kale” a entraîné des lynchages de personnes soupçonnées de liens avec des gangs, sans procédure judiciaire.

Toujours selon le rapport, plus de 5,7 millions de personnes font face à une insécurité alimentaire aiguë. Le système de santé est fortement affaibli, avec seulement une faible proportion d’hôpitaux opérationnels.

D’un autre côté, le rapport mentionne que l’éducation est également touchée avec des centaines d’écoles fermées à cause de l’insécurité.

Il souligne aussi l’ampleur des violences sexuelles, utilisées comme arme de domination. Entre mars et décembre 2025, plus de 1400 cas ont été recensés, visant majoritairement des femmes et des filles.

Sur le plan institutionnel, l’État est absent. La corruption, l’impunité et le manque de moyens limitent l’action des autorités. La Police Nationale d’Haïti est en sous-effectif, avec environ 1,13 agent pour 1000 habitants. Ce qui est en dessous des standards internationaux.

Malgré quelques avancées judiciaires, plusieurs dossiers, dont des massacres et assassinats, stagnent. Le système pénitentiaire est surpeuplé et marqué par des conditions de détention dégradantes.

Suite à ces situations, les Nations unies appellent à un renforcement des capacités de sécurité, au respect des droits humains dans les opérations.

Elles insistent également sur la nécessité d’un soutien international renforcé pour restaurer la stabilité et permettre l’organisation des élections.

Belly-Dave Bélizaire

Vant Bèf Info (VBI)


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