Donald Trump ressuscite le « Département de la guerre » dans un geste symbolique et controversé
Dans une décision à forte portée symbolique, le président américain Donald Trump a annoncé le retour de l’appellation historique « Department of War » pour désigner le Pentagone, abandonnée depuis 1949 au profit de « Department of Defense ».

Washington, 6 septembre 2025. – En signant ce décret, Donald Trump a justifié son choix par une volonté d’« appeler les choses par leur nom », estimant que « défense ne sonne pas assez fort » et que les États-Unis doivent « assumer leur puissance offensive ». Le secrétaire à la Défense devient ainsi officiellement « Secretary of War », fonction confiée à Pete Hegseth, vétéran et proche allié politique du président.
Cette requalification, qui ne modifie pas la loi de 1949 mais impose l’usage du terme dans les communications officielles et les sites institutionnels, marque une réaffirmation idéologique de la place des forces armées dans la politique américaine.
Réactions contrastées au Pentagone et dans la société
La mesure a provoqué des remous au sein de l’appareil militaire et administratif. Selon Politico, plusieurs responsables du Pentagone dénoncent un « chantier logistique colossal et coûteux », car il impose la modification de milliers de documents, d’enseignes et de plaques commémoratives. Le coût est évalué à plusieurs centaines de millions de dollars.
Dans ses colonnes, le Washington Post voit dans ce retour en arrière un signe de « militarisation accrue du discours politique » et appelle à une réflexion sur le rôle réel de l’armée, en particulier dans les affaires intérieures. De son côté, New York Magazine juge la manœuvre « autoritaire et dangereuse », la rapprochant de la « théorie du fou » (madman theory) destinée à intimider les adversaires par l’imprévisibilité.
Une décision aux répercussions internationales
Au plan international, cette annonce a été perçue comme une provocation. Plusieurs chancelleries européennes ont exprimé leur inquiétude quant au message envoyé à l’OTAN et aux partenaires étrangers. Pour ses partisans, au contraire, Trump affiche une posture de fermeté indispensable dans un monde instable.
Ce retour au vocabulaire martial s’inscrit dans une stratégie plus large : galvaniser sa base électorale en cultivant une image de président « fort » et déterminé à rompre avec le politiquement correct. Mais il révèle aussi un paradoxe : alors que les États-Unis cherchent à affirmer leur leadership diplomatique, cette mesure donne de nouveau l’image d’une Amérique belliqueuse, qui privilégie la confrontation au dialogue.
Le choix de Donald Trump de réhabiliter le « Department of War » n’est pas une simple opération de communication. Il traduit une vision du pouvoir centrée sur la force et la domination, qui divise profondément l’opinion américaine et interroge la communauté internationale.
Wandy CHARLES,
Vant Bef Info (VBI)
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