Viv Ayiti dénonce la corruption et les dérives du Conseil présidentiel de transition

L’organisation politique Viv Ayiti a formulé de graves accusations à l’encontre du Conseil présidentiel de transition (CPT), qu’elle accuse de s’être éloigné de sa mission initiale pour devenir, selon ses dirigeants, un espace marqué par l’opacité, les privilèges et la corruption. Pour le parti, le CPT incarne désormais l’exact contraire des principes qui ont justifié sa mise en place.

Port-au-Prince, 26 janvier 2026. Au centre de ces dénonciations figure un présumé déblocage de 25 milliards de dollars américains par le ministre de l’Économie et des Finances, Alfred Métellus, au profit de cinq conseillers-présidents. Selon Viv Ayiti, ces fonds auraient été utilisés pour récompenser un vote politique ayant conduit à l’éviction de l’ancien Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.

L’organisation qualifie cette opération de « transaction politique déguisée », y voyant l’illustration d’un mode de gouvernance fondé sur le marchandage politique plutôt que sur la défense de l’intérêt général.
Tout en reconnaissant qu’aucune preuve officielle n’a, à ce stade, été rendue publique, Viv Ayiti estime que la gravité des faits allégués impose des explications immédiates et l’ouverture d’enquêtes indépendantes. Pour le parti, l’absence de réaction des autorités ne fait qu’alimenter les soupçons et renforcer la perception d’un système verrouillé au sommet de l’État.

Les dirigeants Biron Odigé et Rony Timothé dénoncent par ailleurs le train de vie qu’ils jugent excessif des membres du CPT. Ils affirment que chaque conseiller-président disposerait de deux véhicules blindés, dont l’un serait affecté à son épouse. Une situation qualifiée d’« indécente », dans un contexte national marqué par l’insécurité, la pauvreté extrême et la dégradation continue des services publics.

Sur le plan sécuritaire, Viv Ayiti se dit également préoccupée par ce qu’elle décrit comme des tentatives répétées de certains conseillers-présidents visant à faire révoquer des responsables de la sécurité, alors que la Police nationale d’Haïti (PNH) mène des opérations contre les gangs armés. Pour Rony Timothé, ces démarches traduiraient une volonté de contrôle politique de l’appareil sécuritaire, susceptible de compromettre les maigres progrès enregistrés sur le terrain.

Face à ce qu’elle considère comme une dérive préoccupante de la transition, Viv Ayiti appelle à une rupture immédiate avec les pratiques actuelles, à la reddition de comptes et à une transparence totale dans la gestion des ressources publiques.

L’organisation prévient que la crédibilité du CPT est désormais sérieusement fragilisée et que la transition risque de perdre toute légitimité si ces accusations restent sans suite.

À l’heure de la publication, ni le Conseil présidentiel de transition, ni le ministère de l’Économie et des Finances n’avaient réagi officiellement aux accusations portées.

Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)


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