Un autre Noël avec les gangs…

Par Wandy CHARLES

Changements à la tête de la Police nationale, recomposition du commandement, annonces d’opérations policières, interventions ponctuelles, largage de drones, déploiement de troupes au sol, renforts de la MMS transformés en force spéciale, création annoncée d’une force de suppression des gangs… Tout cela, pour quel résultat ? Presque rien. Du moins, rien de perceptible aux yeux d’une population qui continue de subir, de plein fouet, la puissance de feu des groupes criminels : assassinats ciblés, enlèvements contre rançon, postes de péage illégaux, viols, incendies de maisons et destruction de petits commerces.

Jusqu’à présent, en dehors de quelques “soldats” arrêtés, de quelques hommes de main neutralisés, aucun chef de gang d’envergure n’a été capturé, neutralisé ou « mortellement blessé ». Une réalité qui tranche cruellement avec la formule désormais bien connue du service de communication de la Police nationale, souvent reprise, mais rarement suivie d’effets concrets.

C’est pourtant cela qu’attendait la population. Les citoyens en avaient soif. Ils espéraient, presque naïvement, un Noël paisible, libéré de la présence oppressive des gangs ou, à tout le moins, un Noël où leur nuisance serait réduite à néant. Un Noël sans détonations, sans exactions, sans terreur. Un Noël passé chez soi, dans sa maison ou dans ce qu’il en reste après le passage dévastateur des bandits armés.

Or, une large partie de la capitale haïtienne, tout comme plusieurs villes de province, demeure sous le contrôle effectif de gangs armés. Cette réalité signifie, concrètement, que des milliers de citoyennes et de citoyens ne connaîtront pas les fêtes comme jadis : pas de réunions familiales, pas d’enfants jouant dans les rues, pas de membres de la diaspora rentrés au pays pour se ressourcer, pas d’échanges de cadeaux, ni de gestes de solidarité envers ceux qui n’en ont pas les moyens.

Au fond, le cadeau le plus simple, et le plus vital, que réclamait la population n’était ni luxueux ni irréaliste. Elle demandait seulement une chose : ne pas passer Noël avec les gangs armés. Aussi simple que ça !

Vant Bef Info (VBI)


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