Transition politique : l’Alliance Vertières appelle à un dialogue national sans ingérence étrangère
Réunissant 46 partis politiques et 82 organisations de la société civile, l’Alliance Vertières a présenté, mardi 13 janvier 2026, sa vision d’une sortie de crise axée sur la souveraineté nationale et la refondation des institutions, lors d’une conférence de presse tenue à Port-au-Prince.

Port-au-Prince, 13 janvier 2026 — Se réclamant de l’héritage historique de 1803, la coalition affirme vouloir contribuer à la reconstruction de l’État haïtien sur des bases de dignité, de justice sociale et de souveraineté, dans un contexte marqué par l’insécurité, la paralysie économique et l’effritement des institutions publiques.
Une crise structurelle, au-delà de l’insécurité
Pour le secrétaire exécutif de l’Alliance, Jean Michelet Cénat, la crise actuelle ne peut être réduite à la seule dimension sécuritaire. Il pointe un affaiblissement prolongé de l’État, combiné à une exclusion sociale persistante, qu’il considère comme les causes profondes de la situation actuelle.
Selon lui, l’insécurité généralisée et la stagnation économique traduisent une rupture du contrat social entre les citoyens et les autorités publiques.
Rejet des solutions imposées et appel à un dialogue national
L’Alliance Vertières rejette toute solution politique imposée de l’extérieur. Elle plaide pour un dialogue politique national inclusif, présenté comme la condition indispensable à l’émergence d’une transition légitime, à la restauration de l’autorité de l’État et à l’élaboration d’un modèle de développement adapté aux réalités haïtiennes.
Le regroupement affirme avoir déjà mis en place des mécanismes de concertation interne et élaboré plusieurs propositions portant notamment sur la gouvernance, la sécurité et la participation citoyenne, dans l’objectif de construire un large consensus national.
Coopération internationale sous condition de souveraineté
Concernant l’appui de la communauté internationale, l’Alliance dit prendre acte de la Résolution 2793 du Conseil de sécurité de l’ONU, tout en réaffirmant que toute présence étrangère doit rester strictement temporaire et respecter pleinement la souveraineté nationale.
Par ailleurs, elle appelle à un dialogue renforcé avec la CARICOM et l’Organisation des États américains (OEA), qu’elle souhaite voir jouer un rôle de facilitateurs, sans interférer dans les décisions relevant du choix souverain du peuple haïtien.
Dans un contexte de transition politique incertaine, l’Alliance Vertières entend ainsi se positionner comme un acteur majeur du débat national, en plaidant pour une solution endogène à la crise multidimensionnelle que traverse le pays.
Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)
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