Transferts d’argent sous pression : les gangs étendent leur emprise sur les bureaux de change en Haïti

Dans plusieurs zones du pays contrôlées par des groupes armés, notamment à Carrefour, Martissant et à l’Arcahaie, recevoir de l’argent de l’étranger est devenu un parcours à haut risque. Les gangs y imposent des « taxes » illégales aux bénéficiaires de transferts, transformant une aide vitale en source de peur et d’extorsion.

Port au Prince , le 30 décembre 2025

Pour de nombreux habitants, coincés dans ces quartiers faute de moyens pour partir, le quotidien est marqué par l’angoisse et l’insécurité. « On vit dans la peur permanente. Mais où veux-tu qu’on aille ? On n’a pas d’argent pour partir, pas de famille ailleurs », témoigne Michelet, père de trois enfants vivant à Carrefour.

Comme lui, beaucoup se sentent abandonnés dans des zones où l’autorité de l’État est quasi inexistante. Les droits les plus élémentaires n’y sont plus garantis, et la population vit sous la menace constante des groupes armés. Malgré les exactions et les pressions, les résidents n’ont souvent d’autre choix que de s’y soumettre pour survivre.

À l’Arcahaie, un habitant ayant requis l’anonymat par crainte de représailles explique : « Si vous refusez de payer ce qu’ils exigent, vous pouvez être ciblé. On n’a pas le choix. »

Une économie sous la contrainte
Ces pratiques permettent aux gangs de renforcer leur pouvoir économique, tandis que les familles, déjà fragilisées, s’enfoncent davantage dans la précarité. Les transferts d’argent, censés soulager les ménages, deviennent ainsi une nouvelle forme de pression.

À ce jour, aucune mesure concrète n’a été annoncée par les autorités pour sécuriser les services de transfert dans ces zones sous contrôle armé. En attendant, la loi des armes continue de prévaloir, et l’aide envoyée par la diaspora est détournée au détriment des plus vulnérables.

Nerline Félix 

Vant Bèf Info (VBI)


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