Sport et cohésion sociale : Jerry Registe appelle à investir dans la jeunesse haïtienne
Face à la montée de la violence et de la délinquance juvénile en Haïti, Jerry Registe, assistant du Représentant résident de l’UNESCO en Haïti, appelle à un investissement accru dans le sport comme outil de prévention, d’inclusion sociale et de cohésion nationale.

Port-au-Prince, 11 janvier 2026 —Dans une déclaration rendue publique cette semaine, l’activiste social estime que le manque d’infrastructures sportives, de programmes coordonnés et de soutien institutionnel limite fortement les opportunités offertes aux jeunes, particulièrement dans les quartiers populaires. Selon lui, l’occupation illégale de plusieurs terrains et l’absence d’encadrement laissent de nombreux adolescents sans alternatives structurantes.
Le sport comme outil de prévention
Pour Jerry Registe, le sport dépasse le cadre du simple loisir. Il le présente comme un espace de discipline, de formation et de socialisation, capable de réduire l’exposition des jeunes aux réseaux de délinquance. Il plaide pour une politique publique intégrée qui fasse du sport un levier de prévention de la violence et de renforcement du vivre-ensemble.
Cette approche, soutient-il, permettrait également de favoriser la détection de talents, de promouvoir la participation des jeunes filles et de créer des espaces sécurisés d’expression pour la jeunesse.
Des initiatives déjà expérimentées
À l’appui de son plaidoyer, Jerry Registe cite son expérience récente à la coordination des compétitions sportives interuniversitaires, relancées après plus de trois ans d’interruption. L’initiative a réuni environ 30 universités dans les départements de l’Ouest, du Nord et du Sud, mobilisant plusieurs milliers d’étudiants.
Selon les organisateurs, ces compétitions ont favorisé la participation féminine, la socialisation positive et la réduction des tensions entre groupes de jeunes issus de milieux différents.
Un potentiel confirmé par les performances sportives
Jerry Registe souligne également que les performances de sportifs haïtiens sur la scène internationale, notamment celles de la footballeuse Melchie Dumornay, ainsi que la qualification d’Haïti pour la Coupe du monde 2026, démontrent la capacité du sport à rassembler et à renforcer le sentiment d’appartenance nationale.
Il estime que ces succès devraient encourager les autorités à investir davantage dans les structures sportives de base, afin de transformer ces performances individuelles en politiques publiques durables.
Un appel aux institutions et à la société civile
Engagé avec plusieurs agences du système des Nations Unies, dont le PNUD, le HCDH, l’UNDRR et l’UNESCO, et ayant participé à des initiatives de conseil auprès de responsables gouvernementaux, Jerry Registe plaide pour une mobilisation conjointe de l’État, des collectivités territoriales et de la société civile.
Selon lui, dans un pays où près de 70 % de la population a moins de 30 ans et où le chômage reste élevé, le sport peut constituer un outil stratégique de prévention, d’éducation et d’intégration socioéconomique.
Il appelle ainsi à faire du développement sportif un pilier des politiques de jeunesse, estimant qu’il s’agit d’un investissement à long terme dans la stabilité sociale et la paix.
Moïse François
Vant Bèf Info (VBI)
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