Soupçons de corruption au ministère de la Défense : le directeur général pointe des irrégularités financières

Le ministère de la Défense fait face à de sérieuses accusations de corruption et de détournement de fonds. Le directeur général de l’institution, Jean Ronel Sistanis, a dénoncé l’existence présumée d’un système impliquant des employés fictifs, des entreprises fantômes et des décaissements importants pour des prestations jamais réalisées.

Port-au-Prince, 3 février 2026. —Lors de son intervention sur l’émission Panel Magik, mardi 3 janvier, M. Sistanis a affirmé que certains chèques étaient encaissés au nom de salariés fictifs, appelés « chèques zombies », et que certains agents seraient eux-mêmes ignorants de leur participation à ce système. Il a cité nommément Candide K. Jean, cheffe de cabinet du ministre et coordinatrice de l’unité juridique, ainsi que Dominique Eugène, directrice des ressources humaines, qu’il accuse d’être impliquées dans ces opérations.

Selon le directeur général, les écarts entre les chiffres de la direction des ressources humaines du ministère de la Défense et ceux du Ministère de l’Économie et des Finances (MEF) concernent 240 contractuels, et les bénéficiaires auraient accès à des facilités à la Banque centrale pour encaisser ces chèques. Il a également évoqué plus d’une centaine d’entreprises fictives percevant régulièrement des fonds pour des services non réalisés.

Les accusations incluent des dépenses liées aux services de renseignement. Selon M. Sistanis, plus de 350 millions de gourdes auraient été versés depuis l’arrivée de Jean-Michel Moïse à la tête du ministère, alors même que la direction du renseignement n’est pas opérationnelle. Des décaissements pour des projets d’infrastructures — 80 millions de gourdes pour le Quartier général de l’armée au Champ-de-Mars, 50 millions pour la base du Bicentenaire et 160 millions pour une ferme à Belladère — auraient également été effectués sans réalisations concrètes.

À ce stade, aucune réaction officielle n’a été émise par les personnes mises en cause. Ces révélations relancent le débat sur la gestion des fonds publics et la nécessité d’audits indépendants au sein du ministère de la Défense.

Judelor Louis Charles
Vant Bèf Info (VBI)


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