Sommet pour la paix en Égypte : entre espoirs diplomatiques et absences remarquées
Sous le soleil implacable du Sinaï, les regards du monde se tournent ce lundi vers Charm el-Cheikh. Dans cette station balnéaire devenue l’un des hauts lieux de la diplomatie internationale, s’ouvre un sommet exceptionnel pour la paix à Gaza, à l’initiative du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et du président américain Donald Trump. Ce rendez-vous, convoqué à la hâte après la libération des vingt derniers otages israéliens par le Hamas, ambitionne de transformer un cessez-le-feu fragile en une véritable feuille de route vers la paix.

Charm el-Cheikh, 13 octobre 2025.- L’absence de Benjamin Netanyahu et des représentants du Hamas a jeté une ombre sur la portée du sommet. Le Premier ministre israélien, selon Reuters et The Jerusalem Post, a décliné l’invitation « pour des raisons de calendrier et de sécurité nationale ».

Pourtant, plus d’une trentaine de délégations ont fait le déplacement : le président français Emmanuel Macron, le roi Abdallah II de Jordanie, le président palestinien Mahmoud Abbas, ainsi que les dirigeants du Qatar, de la Turquie et de plusieurs pays européens et africains. « Ce sommet n’est pas symbolique. Il doit être la première pierre d’un processus de stabilisation durable », a insisté al-Sissi en ouvrant la séance plénière, rappelant que l’Égypte joue depuis des mois un rôle d’intermédiaire discret mais crucial entre Israël et le Hamas.
Trump en “faiseur de paix”
Arrivé la veille au Caire avant de se rendre à Charm el-Cheikh, Donald Trump s’est présenté comme l’artisan d’un « tournant historique pour le Moyen-Orient ». « The war is over, OK? I think people are tired of it, » avait-il déclaré dans l’avion présidentiel, cité par CBS News. À la tribune, il a salué « la bravoure d’Israël » tout en exhortant les dirigeants de la région à « tourner la page de la haine et bâtir une paix pragmatique ».
Trump a également plaidé pour un plan de reconstruction de Gaza, financé par un fonds international supervisé par les Nations unies et plusieurs puissances régionales. Ce mécanisme, qu’il a baptisé le Gaza Recovery Partnership, vise à reconstruire les infrastructures civiles détruites et à désarmer progressivement les milices locales sous supervision arabe.
Des réactions contrastées
La présence de Mahmoud Abbas a été saluée comme un geste d’apaisement, bien que certains observateurs palestiniens aient dénoncé une manœuvre diplomatique « sans contrepartie réelle ».
Le président français Emmanuel Macron, lui, a insisté sur la nécessité d’un cadre politique global : « La paix durable ne naîtra pas d’un cessez-le-feu technique, mais d’une solution politique fondée sur deux États vivant côte à côte en sécurité et en dignité », a-t-il déclaré dans un discours applaudi à mi-salle.
De son côté, la délégation qatarie a appelé à un engagement humanitaire immédiat, rappelant que « la reconstruction de Gaza ne peut se faire sans justice et sans fin du blocus ».
Absences et scepticismes
L’absence d’Israël et du Hamas a soulevé de nombreuses critiques. « Comment parler de paix sans ceux qui font la guerre ? », a interrogé un diplomate européen cité par The Guardian.
Dans les rues du Caire, des manifestants brandissaient des pancartes appelant à « des actions, pas des promesses ». Le scepticisme est palpable, d’autant que plusieurs précédents sommets sur la paix au Proche-Orient ont échoué à produire des résultats tangibles.
Malgré les doutes, le sommet d’Égypte marque une étape majeure. Pour la première fois depuis deux ans de guerre, la communauté internationale parle d’une seule voix pour soutenir un cessez-le-feu qui semble tenir. Les diplomates présents espèrent que les conclusions du sommet, attendues ce soir, aboutiront à la nomination d’un envoyé spécial conjoint ONU-Ligue arabe, chargé de suivre la mise en œuvre du plan.
Alors que les caméras du monde entier se braquent sur la Mer Rouge, l’histoire jugera si ce rendez-vous aura marqué le début d’un nouveau chapitre ou l’un de ces instants suspendus que la diplomatie collectionne sans lendemain.
Par Wandy CHARLES
Vant Bèf Info (VBI)
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