Sommet des Américas : entre exclusions diplomatiques et stratégies politiques régionales

Depuis 1994, la Cumbre de las Américas reste un espace symbolique des rapports de force sur le continent. Pourtant, plusieurs nations ont marqué l’histoire de ce rendez-vous par leur absence volontaire ou imposée. Cuba, Venezuela, Nicaragua, mais aussi le Mexique, l’Équateur et la Colombie ont, à différents moments, refusé ou été empêchés de s’asseoir à la table du dialogue interaméricain.

Crédit : DiarioLibre

Depuis la première édition de la Cumbre en 1994, seuls six pays ont manqué au moins une fois à l’appel. Cuba, Nicaragua et Venezuela n’ont pas été invités à certaines éditions, principalement pour des raisons politiques. Équateur, Mexique et Colombie ont, de leur côté, boycotté l’événement en signe de désaccord avec ces exclusions.

Pour la première fois, la Colombie a décidé de ne pas participer. L’Équateur avait déjà adopté la même position en 2012, lorsque l’ex-président Rafael Correa avait refusé d’assister à la Cumbre pour protester contre la non-invitation de Cuba.
Le Mexique, fidèle à sa ligne diplomatique de solidarité régionale, s’est absenté en 2022 et répète le geste pour l’édition actuelle, dénonçant à nouveau une approche jugée discriminatoire.

Cuba : une présence rare, mais hautement symbolique

Longtemps exclue du système interaméricain après sa suspension de l’OEA en 1962, Cuba n’a participé qu’à deux éditions de la Cumbre :en 2015 à Panama,
puis en 2018 à Lima, au Pérou.

Ces deux invitations, intervenues après plus de vingt ans d’absence, ont marqué une ouverture diplomatique ponctuelle. Cependant, La Havane demeure souvent écartée des discussions continentales, au gré des tensions avec Washington.

Venezuela : de la participation active à l’exclusion totale

De 1994 à 2009, Venezuela a été un acteur régulier de la Cumbre.
En 2012, le président Hugo Chávez, malade, avait envoyé son ministre des Affaires étrangères Nicolás Maduro pour le représenter.
Trois ans plus tard, en 2015, Maduro, devenu président, participait à la Cumbre de Panama dans un climat tendu marqué par de vives frictions avec les États-Unis.

Mais depuis 2018, le pays est écarté du sommet. L’ex-président péruvien Pedro Pablo Kuczynski avait alors retiré l’invitation de Maduro, marquant un tournant dans la politique d’exclusion régionale.

Entre diplomatie et idéologie : une Cumbre à deux vitesses

La Cumbre de las Américas, censée incarner le dialogue et la coopération interaméricaine, continue de révéler les fractures idéologiques du continent.
Entre sanctions, exclusions et protestations, le sommet peine à rassembler tous les États autour d’une même vision.
À chaque absence, un message politique s’envoie : celui d’un continent encore divisé entre influence américaine et volonté d’autonomie diplomatique.

Yves MANUEL

Vant Bèf Info( VBI)


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