Quatre Salvadoriens disparus: la stratégie de la FRG questionnée
Quatre militaires salvadoriens restent portés disparus après l’attaque de leur véhicule, dimanche 18 octobre, à Santo, dans la commune de Croix-des-Bouquets. Alors que les recherches se heurtent à de violents affrontements, cette embuscade nourrit les interrogations sur la capacité de la Force de répression des gangs (FRG) à prendre l’initiative face aux groupes armés.

Port-au-Prince, 19 octobre 2026.- Les recherches se poursuivent pour retrouver les quatre militaires salvadoriens dont le contact a été perdu après une embuscade à Santo. Selon les Forces armées du Salvador, ces techniciens aéronautiques, affectés à la Force opérationnelle Libertad II, regagnaient leur campement lorsque leur véhicule blindé a été attaqué. Des armes à feu et des explosifs ont été utilisés. Le véhicule a pris feu et les quatre hommes ont réussi à en sortir, affirme l’armée salvadorienne.
Les opérations de secours restent difficiles. D’après les autorités salvadoriennes citées par El País, des hélicoptères envoyés en renfort ont essuyé des tirs et subi des impacts de balles. Plusieurs tentatives d’approche terrestre ont également été entreprises, sans permettre de retrouver les militaires.
Un sort toujours incertain
Devant le Conseil de sécurité des Nations unies, lundi, l’ambassadeur américain Mike Waltz a indiqué que Washington pensait les quatre hommes vivants, tout en précisant qu’ils demeuraient introuvables. Cette déclaration ne permet toutefois pas d’établir leur état de santé actuel.
Un média local, citant une source gouvernementale, rapporte qu’ils auraient été capturés par des membres du gang « Chen Mechan ». Cette version reste à distinguer des informations officiellement confirmées. Aucun décès n’est établi dans les sources consultées. Le nombre confirmé de militaires salvadoriens disparus est de quatre, malgré les premières informations évoquant cinq hommes.
Une posture défensive critiquée
Selon les réactions d’internautes rapportées à propos de cette attaque, la FRG devrait prendre l’initiative plutôt que d’attendre d’être prise pour cible. Leur critique porte sur le rapport de force : laisser aux gangs le choix du lieu et du moment des affrontements exposerait davantage les effectifs aux embuscades et compromettrait la reconquête des territoires.
Ces avis soulèvent une question stratégique. Ils ne suffisent cependant pas à démontrer que la FRG limite ses opérations à la riposte. Le récit d’une attaque ne permet pas, à lui seul, d’évaluer l’ensemble de son dispositif.
Interrogé par Associated Press, Romain Le Cour, responsable de l’Observatoire d’Haïti à la Global Initiative Against Transnational Organized Crime, estime que certains gangs veulent montrer leur capacité à riposter. Si les militaires sont détenus, explique-t-il, leurs ravisseurs pourraient disposer d’un moyen de pression sur les forces de sécurité.
À Santo, l’urgence reste de retrouver les quatre hommes. La FRG a demandé aux habitants du secteur de rester chez eux jusqu’à nouvel ordre, tandis que les recherches se poursuivent dans un environnement marqué par de lourds affrontements.
Wandy CHARLES
Vant Bèf Info (VBI)
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