Promesses à effet d’annonce : Leslie Voltaire et Mario Andrésol face à leurs renoncements
En 2025, posture assurée et discours volontaire, le conseiller présidentiel Leslie Voltaire annonçait la réouverture imminente d’une route nationale à la circulation. Dans la foulée, le secrétaire d’État à la Sécurité publique, Mario Andrésol, allait plus loin : avant le 7 février, promettait-il, un axe routier jadis très fréquenté serait dégagé et rendu à la population.
Ces annonces avaient suscité des réactions contrastées. Si certains citoyens y voyaient un signe d’espoir, d’autres, plus sceptiques, avaient préféré laisser le temps trancher, attendant de voir si les promesses de Leslie Voltaire et de Mario Andrésol se traduiraient enfin en actes.

Petion-Ville, 3 février 2026–
À l’approche de la fin de son mandat, Leslie Voltaire s’est retrouvé face à la presse, relancé sur l’épineux dossier du tronçon de Martissant, toujours sous contrôle de gangs armés. Cette fois, le sourire teinté d’ironie, l’architecte a botté en touche : le déblocage de la route nationale numéro 2 relèverait exclusivement de la Police nationale d’Haïti.
« Ce n’est pas moi qui ai les armes en main », a-t-il lancé sèchement.
Même son de cloche du côté de Mario Andrésol. Lors de la 35ᵉ édition des Mardis de la Nation, le secrétaire d’État est revenu sur la promesse formulée fin décembre 2025 concernant l’ouverture d’une route nationale avant le 7 février. Il s’est rétracté, évoquant une révision des plans de la police en raison de rumeurs de coup d’État et de possibles turbulences politiques. Tout en se voulant rassurant, Mario Andrésol a assuré que les forces de l’ordre poursuivaient leurs efforts afin d’améliorer la sécurité et permettre à la population de vaquer à ses occupations.
À travers ces déclarations, à demi-mot, les deux autorités reconnaissent leur échec. Leslie Voltaire et Mario Andrésol quittent la scène dans le même climat que celui qui a marqué leur prise de fonction : une capitale livrée aux gangs armés, des assassinats quotidiens de citoyens sans défense, l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti en panne chronique, des écoles et des entreprises incendiées, vandalisées ou détruites.
Plus d’un million de personnes sont aujourd’hui déplacées, certaines survivant sous des tentes, dans une précarité extrême. Une population épuisée, qui ne sait plus quand elle verra la lumière au bout du tunnel. Eux, s’apprêtent à quitter le gouvernail des affaires publiques. Dans quelques années, ils ne seront plus que de lointains souvenirs.
Des mois de promesses, des mois de faux-semblants. La population, elle, n’aura pas eu besoin d’une demi-journée pour les désavouer.
Uguenson Auguste
Vant bèt info (VBI)
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