Près de 120 morts dans des affrontements armés : l’organisation Konbit alerte sur le sort des civils

Les opérations de sécurité menées dans plusieurs quartiers de la région métropolitaine de Port-au-Prince ont fait au moins 116 morts et 65 blessés graves entre le 1er et le 11 janvier 2026, selon l’organisation Konbit pour le développement et la paix, qui a lancé l’alerte ce jeudi 15 janvier 2026.

Port-au-Prince, le 15 janvier 2026.– Les interventions impliquant la Police nationale d’Haïti (PNH), les Forces armées d’Haïti (FAd’H), la Task Force et la Force de répression des gangs (FRG) ont déjà coûté la vie à près de 120 personnes, a déclaré ce jeudi 15 janvier Fritzner Pierre, responsable de l’organisation Konbit.

Parmi les victimes, 64 personnes étaient suspectées d’appartenir à des groupes armés, tandis que 52 étaient des civils sans lien avec les gangs, précise l’organisation. Huit adolescents — cinq garçons et trois filles — ainsi que huit femmes figurent parmi les civils tués. Soixante-cinq autres personnes ont été grièvement blessées au cours des opérations.

Selon Fritzner Pierre, plusieurs civils auraient été contraints par des gangs de faire obstacle à l’avancée des forces de l’ordre. Il affirme que certaines victimes auraient été atteintes par des drones équipés de charges explosives utilisés par la Task Force, une situation qui, selon lui, appelle à un meilleur encadrement des opérations.

Face à ce bilan, l’organisation Konbit pour le développement et la paix plaide pour l’adoption d’une stratégie de sécurité intégrant explicitement la protection des populations civiles. Elle recommande notamment le renforcement des services de renseignement afin de mieux identifier les cibles et de distinguer les civils des membres de groupes armés.

L’organisation appelle également à limiter la destruction des biens privés et demande la mise en place de couloirs humanitaires pendant les opérations, afin de permettre l’évacuation des blessés et leur accès aux soins. Elle propose en outre des mécanismes facilitant les déplacements temporaires des habitants des zones touchées.

Konbit exhorte enfin l’État haïtien, en particulier les ministères des Affaires sociales et de l’Intérieur, à prévoir des espaces d’hébergement pour les personnes fuyant les combats, afin de réduire le risque de nouvelles victimes civiles.

Alors que les opérations se poursuivent notamment au centre-ville de Port-au-Prince, l’organisation de défense des droits humains insiste sur l’urgence de mesures concrètes pour protéger les populations prises au piège des affrontements.

Wilda Dénestant
Vant Bèf Info (VBI)


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One comment

  • Angelor Chancy

    On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Certes je déplore la perte des civils non armés cependant la configuration du pays en bidonville laisse très peu de choix.
    Le travail doit se poursuivre et tant qu’on ne verra pas les cadavres authentifiés des chefs de gang tels: barbecue, izo ti lapli lanmôsanjou jeff bout ba et leurs complices on pourra toujours crier à la magouille .