PNH-Bilan 100 jours : la population attend beaucoup plus
Par Wandy CHARLES
Les cent premiers jours de Vladimir Paraison à la tête de la Police nationale d’Haïti ont suscité un mélange d’espoir prudent et de scepticisme persistant. La nouvelle direction de la PNH affirme avoir regagné du terrain : recul des gangs dans certaines zones du centre-ville de Port-au-Prince, diminution des poches d’influence criminelle à Delmas, redéploiement d’unités dans l’Artibonite encore sous attaque du gang Kokorat San Ras et retour annoncé d’une présence policière plus visible dans des communes naguère abandonnées.

Ces annonces, aussi importantes soient-elles, ne suffisent pourtant pas à rassurer une population épuisée par la violence et lassée des promesses de reconquête. Car les réalités quotidiennes demeurent cruelles : des quartiers entiers restent sous la coupe de groupes armés, les enlèvements continuent de frapper, certains axes restent impraticables, et aucune neutralisation majeure de chefs de gangs n’a été enregistrée.
La PNH parle d’acquis. La rue, elle, voit surtout des fragilités. Des zones « récupérées » de jour mais instables la nuit. Des opérations ponctuelles mais rarement décisives. En dépit des annonces, la PNH n’arrive pas à rassurer. A Delmas, le kidnapping fait rage. Des résultats présentés sans données détaillées : quelles avancées mesurables et vérifiables ?
Ce manque de résultats tangibles entretient la méfiance, d’autant que la crise actuelle exige bien plus qu’une amélioration relative. Elle exige une rupture profonde, une stratégie cohérente, une hausse massive des moyens logistiques, un commandement unifié, un soutien politique ferme, et un calendrier clair de reconquête de “territoires perdus”.
Les forces de l’ordre ont montré un arsenal d’armes de grand calibre qui ont été saisies. C’est un pas, mais ce pas reste insuffisant au regard de l’urgence nationale. Après des années d’égarement sécuritaire, le peuple n’attend plus des déclarations : il attend des résultats tangibles, visibles et durables. Des quartiers où l’on peut circuler librement. Des marchés restaurés. Des écoles ouvertes sans peur. Des gangs réellement affaiblis. Des zones véritablement libérées.
Pour ses premiers 100 jours a la tête de la PNH, Vladimir Paraison a voulu démontrer une certaine volonté. Mais la volonté ne remplace pas l’accomplissement. Et tant que les chiffres ne parleront pas d’eux-mêmes, tant que la réalité ne reflètera pas les annonces, le doute demeurera.
La population veut plus. La situation exige plus. Et la PNH, si elle souhaite reconquérir la confiance collective, devra produire bien davantage que les premiers signaux d’un frémissement. Elle devra rétablir la sécurité tout simplement.
Vant Bef Info (VBI)
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