Plus de 23 000 retours forcés en un mois vers Haïti, alerte l’Organisation internationale pour les migrations
Plus de 23 000 personnes ont été renvoyées vers Haïti depuis les pays voisins au cours du seul mois de janvier 2026, selon un rapport publié le 18 février par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Ce total dépasse la moyenne mensuelle enregistrée en 2025 et intervient dans un contexte humanitaire déjà particulièrement fragile.

Port-au-Prince, 19 février 2026 —En janvier, alors que le mandat du Conseil présidentiel de transition arrivait à son terme, la situation sécuritaire et sociale du pays demeurait critique. Plus de 1,4 million de personnes sont actuellement déplacées à l’intérieur du territoire en raison de l’insécurité, aggravant la précarité économique et limitant l’accès aux services essentiels pour de nombreuses familles.
Selon l’OIM, ces retours massifs accentuent la pression sur des communautés d’accueil déjà fragilisées et sur des infrastructures insuffisantes. En réponse, l’organisation, en coordination avec ses partenaires et les autorités nationales, poursuit ses interventions humanitaires. Celles-ci incluent la distribution d’abris d’urgence, de biens essentiels, l’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène, ainsi qu’un appui sanitaire et psychosocial. Des programmes de gestion des camps et de suivi des déplacements sont également mis en œuvre pour mieux orienter l’assistance.
Dans le cadre du Plan de réponse à la crise 2026, un financement de 60 millions de dollars est sollicité afin de renforcer l’aide humanitaire, soutenir la transition et favoriser la réintégration des personnes déplacées. Les acteurs humanitaires appellent à un engagement international accru pour stabiliser les communautés et prévenir une aggravation de la crise dans les mois à venir.
Un contexte sécuritaire préoccupant
Ces retours interviennent alors que le United States Department of State classe Haïti au niveau 4 de son système d’alerte aux voyageurs, soit le niveau maximal, dans un avis publié le 11 février 2026.
Le 10 février, le diplomate américain Henry Wooster déclarait devant une commission du Sénat des États-Unis que le pays compterait environ 12 000 membres de gangs, dont près de 3 000 « bien équipés et bien entraînés », représentant une menace majeure pour la stabilité nationale. Ces éléments illustrent le contraste entre un environnement sécuritaire jugé extrêmement préoccupant et la poursuite des renvois forcés.
Washington joue par ailleurs un rôle central dans cette dynamique migratoire, notamment dans le cadre de la campagne de déportations engagée sous l’administration de Donald Trump. La décision de mettre fin au Statut de protection temporaire (TPS) pour les ressortissants haïtiens — bien que suspendue provisoirement par un tribunal fédéral — a contribué à accroître l’incertitude pour de nombreuses familles.
Enfin, la situation migratoire demeure également tendue en République dominicaine, où les conditions de renvoi des migrants haïtiens continuent d’alimenter les préoccupations humanitaires.
Sarah Germain
Vant Bèf Info (VBI)
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