Pierre Espérance critique la méthodologie du CEP et soupçonne le CPT de vouloir prolonger son mandat
Le Directeur exécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), Pierre Espérance, a dénoncé la démarche adoptée par le Conseil Électoral Provisoire (CEP) dans la mise en œuvre du processus électoral prévu par l’accord du 3 avril 2024. Intervenant à l’émission Panel Magik, il estime que les premières actions du CEP révèlent un manque de rigueur, d’opacité et des intentions politiques ambiguës.

Port-au-Prince, le 21 novembre 2025. — Selon Pierre Espérance, l’accord du 3 avril confie au Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et au CEP trois responsabilités majeures : rétablir la sécurité, mener une réforme constitutionnelle et organiser des élections. Il reproche au CEP d’avoir « mal démarré » en exigeant huit mois de stabilité sécuritaire comme préalable, tout en publiant un calendrier électoral sans vérifier le respect de ces conditions. « Le CEP a fait le contraire de ce qu’il avait annoncé. C’est une dérive inquiétante », déclare-t-il.
Pour le défenseur des droits humains, cette décision crée un risque de manipulation politique. Il accuse le CPT de vouloir se maintenir au pouvoir au-delà du 7 février 2026, en invoquant l’impossibilité d’organiser des élections dans les délais. « Ils fixeront les élections pour mars ou avril, sachant qu’elles ne pourront pas se tenir. Après le 7 février, ils prolongeront leur mandat », prévient-il.
Pierre Espérance critique également la méthode employée pour transmettre le projet de décret électoral au gouvernement. Il déplore un processus « non transparent », marqué par l’absence de consultation publique et le non-respect des engagements pris envers les acteurs politiques et la société civile. « Le CEP a sollicité des recommandations, mais a envoyé le décret sans restituer les avis ni ouvrir le débat », affirme-t-il.
Selon lui, le CEP aurait dû instaurer un espace de discussion sur les enjeux essentiels du contexte électoral, notamment les crimes financiers, la corruption et les enlèvements, afin de renforcer la crédibilité du processus.
À travers ses déclarations, le Directeur exécutif du RNDDH met en garde contre des élections improvisées et potentiellement contestées. Il estime que seule une démarche transparente, participative et conforme à l’accord du 3 avril pourra rétablir la confiance du public et garantir des élections libres et crédibles.
Judelor Louis Charles
Vant Bèf Info (VBI)
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