Pharah-Djine Colin lève le voile sur les silences d’Haïti avec Fils de l’ombre

Le Consulat Général de la République d’Haïti à Paris accueillera, ce jeudi 14 août, la vente-signature du premier roman de Pharah-Djine Colin, Fils de l’ombre. Une soirée littéraire placée sous le signe de l’identité, de la mémoire et de l’engagement, au croisement des mots et de la réalité haïtienne.

Paris, 12 août 2025 –

Publié le 25 juin dernier aux éditions Ikilivre, Fils de l’ombre s’inscrit dans le registre de la fiction socio-politique. L’œuvre, traversée par une tension palpable, explore les méandres d’une société haïtienne fragilisée par l’insécurité, la peur et l’opacité du pouvoir. Le point de départ du roman est saisissant : l’annonce de l’enlèvement du président haïtien, un 7 février, date hautement symbolique dans l’histoire politique nationale.

L’enquête, confiée à Gabriel Joseph, inspecteur à la Police nationale, devient vite un labyrinthe de mensonges, de trahisons et de secrets d’État. Porté par ses blessures intimes, le personnage évolue dans un climat oppressant, entre ruelles de Port-au-Prince et couloirs feutrés du palais présidentiel.

 « On vivait dans une peur collective presque banale, celle du kidnapping qui planait au-dessus de chaque famille », confie l’autrice, née à Port-au-Prince et aujourd’hui installée en France.

C’est en 2019, en pleine tourmente sécuritaire en Haïti, que l’idée du roman a germé. Mais Fils de l’ombre dépasse le simple thriller politique. Il se veut une tribune pour les voix oubliées : celles des anonymes, des victimes, de ceux que l’on tait.

« Ce livre est un cri, mais aussi une promesse de ne pas détourner le regard », affirme Pharah-Djine Colin, qui revendique une écriture à la fois réaliste et cinématographique.

Formée en science politique à l’Université Lumière Lyon 2, spécialisée en journalisme, la romancière a enrichi son parcours à travers des expériences au Québec et à Genève, notamment à la Mission permanente d’Haïti auprès de l’ONU. Une trajectoire qui nourrit son style d’une rare acuité, à la croisée du vécu, de l’analyse et de la fiction.

 « Quand je n’en pouvais plus, je prenais mon carnet. J’inventais des histoires, je mettais mes peurs dans mes mots », raconte-t-elle.

Déjà, un second roman est en préparation. L’intrigue, elle aussi ancrée en Haïti, devrait explorer d’autres zones d’ombre, entre suspense et révélations inattendues.

Fils de l’ombre est disponible en Haïti, notamment chez Communication Plus, ainsi que sur Amazon. Le public parisien est attendu le 14 août au Consulat haïtien pour un moment de partage autour d’un livre qui interroge, bouleverse, et révèle une plume à suivre de près.

Mederson Alcindor

Vant Bèf Info (VBI)


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