Pacte National pour la Stabilité et l’Organisation des Élections : entre espoir et scepticisme

L’annonce du Pacte National pour la Stabilité et l’Organisation des Élections suscite, dans l’opinion publique, des réactions contrastées. Tandis que certains citoyens saluent une démarche jugée nécessaire pour apaiser le climat politique et baliser la voie vers des élections crédibles, d’autres y perçoivent la répétition d’un schéma déjà éprouvé, voire l’enfermement dans un cercle vicieux dont le pays peine à s’extraire.

Petion-ville, 23 Fevrier 2026.- Jonathan, jeune cadre d’une institution privée, considère que l’initiative répond à une exigence de concertation. « Le Premier ministre ne peut pas diriger seul », affirme-t-il, plaidant pour une gouvernance fondée sur le dialogue et l’inclusion. À ses yeux, une entente avec les partis politiques pourrait contribuer à prévenir les troubles et à contenir l’instabilité. Il établit même un lien entre le regain des actes de kidnapping et la conjoncture politique actuelle, estimant que « le retour du phénomène n’est pas innocent ». Selon lui, seul un accord politique large est susceptible de favoriser un climat propice à une gouvernance plus sereine.

Rosmond, étudiant en droit, adopte une position plus nuancée. Il reconnaît que le Pacte « peut donner des résultats en termes de stabilité et d’entente politique », tout en soulignant que sa portée concrète dépendra de la volonté réelle des acteurs impliqués. « Le retombé concret dépend du Premier ministre et de son équipe, de la volonté et du niveau de conscientisation des acteurs en présence », analyse-t-il. Pour lui, le succès d’un tel engagement ne réside pas uniquement dans sa signature, mais dans sa mise en œuvre rigoureuse et dans la capacité des parties à transcender les intérêts partisans.

À l’inverse, Vanel, conducteur de véhicule de transport scolaire sous abonnement, affiche un scepticisme assumé. Il doute de la capacité des signataires à impulser un véritable changement, estimant qu’il s’agit des « mêmes acteurs » qui, selon lui, « produiront les mêmes résultats ». Il rappelle que, depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021, les dirigeants successifs n’ont pas su, à ses yeux, répondre aux attentes de la population. « Ils ont eu cinq ans, ils n’ont rien fait pour conduire le pays vers des elections», tranche-t-il, traduisant une lassitude largement partagée dans certains segments de la société.

Ces voix, à la fois confiantes, prudentes et désabusées, illustrent la complexité du moment politique. Le Pacte apparaît ainsi comme un test décisif : soit il parviendra à instaurer une dynamique nouvelle en faveur de la stabilité et d’élections crédibles, soit il viendra renforcer la défiance d’une population éprouvée par les crises répétées. Entre espoir et méfiance, l’opinion demeure suspendue à la capacité des responsables à transformer les engagements en actes tangibles.

Wandy CHARLES,
Vant Bef Info (VBI)


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