Pacte national : le Collège National des Démocrates accuse l’exécutif de dérive autoritaire et rejette un projet jugé « illégal »
Le Collège National des Démocrates (CND) a annoncé son refus d’intégrer le « Pacte national pour la stabilité et les élections », une initiative portée par le gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Dans une déclaration rendue publique à l’issue d’une session extraordinaire tenue le 22 février, le parti affirme que ce document représente une menace pour l’État de droit.

Port-au-Prince, le 25 février 2026. — Réuni en cellule de crise, le CND indique avoir procédé à une analyse approfondie du texte. Selon lui, le pacte ne constituerait pas un cadre de stabilisation, mais un mécanisme de concentration du pouvoir exécutif, susceptible d’affaiblir les contre-pouvoirs et de marginaliser les mécanismes de contrôle démocratique.
Le parti pointe notamment la signature d’un contrat avec l’homme d’affaires américain Erik Prince, chargé d’appuyer la lutte contre les gangs et de contribuer à la restructuration du recouvrement fiscal. Le CND estime qu’un tel engagement, conclu en l’absence d’un Parlement fonctionnel, serait dépourvu de base légale et contraire aux principes de gouvernance républicaine.
Dans son analyse, la formation politique évoque également le risque d’une influence accrue de la communauté internationale dans les affaires nationales, qu’elle assimile à une forme d’ingérence institutionnalisée. Selon ses dirigeants, le pacte pourrait favoriser un affaiblissement progressif du système judiciaire et accentuer les déséquilibres institutionnels.
Le document du parti met par ailleurs en cause un mécanisme qualifié de « persuasion structurée », qui viserait, selon lui, à produire une légitimité politique sans véritable débat public. Le CND considère que cette approche réduirait l’espace de contestation et affaiblirait le rôle des partis dans la dynamique démocratique.
Malgré son refus de participer à l’initiative, le CND annonce qu’il se positionnera comme « observateur critique ». Il affirme vouloir suivre les décisions gouvernementales et tenir les autorités responsables de la sécurité des citoyens ainsi que de l’organisation d’élections jugées crédibles dans les dix départements du pays, avec la participation de la diaspora.
En conclusion, le parti prévient que toute violation grave des droits humains ou toute dérive dans la mise en œuvre du pacte sera portée devant les juridictions nationales et internationales compétentes. Sous le mot d’ordre « Humanisme politique, solidarité, dignité humaine », il entend maintenir sa vigilance dans un contexte politique marqué par de fortes tensions.
Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)
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