L’Iran affirme vouloir poursuivre les négociations avec les Etats-Unis
Le ministre iranien des affaires étrangères, Abbas Araghtchi a annoncé que son pays allait poursuivre ses négociations avec les Etats-Unis, à l’issue d’une première session de pourparlers à Oman, ce vendredi 6 février 2026, dans une « atmosphère positive », selon Téhéran, malgré le déploiement dans le Golfe d’une force navale américaine.

Téhéran, le 6 février 2026. Selon la diplomatie iranienne, les discussions n’ont porté que sur le volet nucléaire, conformément à ce qu’exige Téhéran, alors que Washington demande que soient aussi abordés le soutien de l’Iran à divers groupes armés hostiles à Israël et notamment de son programme de missiles balistiques.
Les Etats-Unis n’ont pas commenté dans l’immédiat cette annonce du ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, mais ont annoncé de nouvelles sanctions contre diverses entités et navires, visant à freiner les exportations de pétrole de l’Iran.
Par ailleurs, des discussions directes ont eu lieu entre M. Araghtchi et l’émissaire du président américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, accompagné du gendre de Donald Trump, Jared Kushner, sous la médiation du sultanat d’Oman.
Ces pourparlers sont les premiers depuis les frappes sur des sites nucléaires iraniens menées en juin dernier par les Etats-Unis lors de la « guerre de douze jours » déclenchée par une attaque israélienne contre l’Iran. Ils ont débuté alors que Donald Trump a déployé une force navale, qu’il a qualifiée d’« armada », dans la région, après la répression sanglante par le pouvoir iranien de la vaste mobilisation de début janvier.
Le ministre iranien a dit espérer que Washington s’abstiendrait de toute « menace » pour que les pourparlers puissent se poursuivre. « Dans une atmosphère très positive, nos idées ont été échangées et les points de vue de l’autre partie nous ont été présentés », a déclaré M. Araghtchi à la télévision d’Etat iranienne.
Il a ajouté en outre que les deux parties ont convenues de poursuivre les négociations, mais que les modalités et le calendrier seraient décidés ultérieurement. « Les discussions se concentrent exclusivement sur la question nucléaire : nous n’abordons aucun autre sujet avec les Américains », a-t-il soutenu.
« Nous avons l’intention de nous réunir de nouveau en temps voulu, les résultats devant être examinés attentivement à Téhéran et à Washington », a déclaré de son côté le ministre des affaires étrangères omanais, Badr Al-Boussaïdi, précisant que les échanges avaient permis « d’identifier les domaines où des avancées sont possibles ».
Le Qatar, allié des Etats-Unis, a exprimé l’espoir que les discussions aboutissent à un accord global qui serve les intérêts des deux parties et renforce la sécurité et la stabilité dans la région.
À noter que ces pourparlers se tiennent après que le pouvoir iranien ait écrasé dans le sang un vaste mouvement de contestation en début d’année.
En effet, l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, a dit avoir confirmé 6 941 morts, dont une majorité de manifestants, et a recensé près de 51 000 arrestations.
D’autres ONG redoutent un bilan beaucoup plus élevé, dont l’ampleur a été dissimulée par trois semaines de coupure d’Internet.
À rappeler, qu’après avoir menacé de frapper l’Iran en soutien aux contestataires, le président américain a recentré l’enjeu sur le programme nucléaire iranien.
De fait, la porte-parole Karoline Leavitt avait déclaré jeudi que le président américain avait été très explicite sur le fait qu’il souhaitait une capacité nucléaire nulle en Iran.
Donald Trump de son côté avait affirmé en juin dernier que les frappes américaines avaient anéanti les capacités nucléaires iraniennes, mais en réalité l’ampleur des dégâts reste encore inconnue.
Wilda Dénestant
Vant Bèf Info (VBI)
Le Monde
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