Liberté de la presse : le CPJ appelle le gouvernement haïtien à abroger le décret sur la diffamation

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) demande au gouvernement haïtien de retirer le décret sur la diffamation et les délits de presse, estimant que ce texte pourrait porter atteinte à la liberté d’expression et au travail des médias dans le pays.

Port-au-Prince, 5 mars 2026. — Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) appelle le gouvernement haïtien à abroger le décret sur la diffamation et les délits de presse adopté en décembre 2025. Dans une lettre adressée au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, l’organisation affirme que ce texte représente une menace pour la liberté de la presse.

Selon le CPJ, ce décret pourrait limiter la capacité des journalistes et des médias à enquêter sur les institutions publiques et à demander des comptes aux autorités. L’organisation estime que le chef du gouvernement doit prendre les mesures nécessaires pour annuler cette disposition afin de démontrer son engagement en faveur de la transparence et du respect des principes démocratiques.

Publié le 18 décembre 2025 par le Conseil présidentiel de transition (CPT), le décret élargit les dispositions pénales liées à la diffamation. Il prévoit notamment des sanctions pouvant inclure des peines d’emprisonnement et de lourdes amendes.

Pour le CPJ, l’adoption de cette mesure sans véritable débat public suscite des inquiétudes quant au respect du processus démocratique.

L’organisation indique avoir consulté plusieurs acteurs du secteur des médias en Haïti avant d’adresser cette correspondance au Premier ministre. Elle estime que l’abrogation du décret pourrait contribuer à rétablir un climat de confiance entre les autorités et la population, notamment à l’approche d’importantes échéances électorales.

Le CPJ rappelle également que les journalistes haïtiens exercent leur profession dans un contexte marqué par une forte insécurité. Selon l’organisation, Haïti figure parmi les pays les plus dangereux pour les professionnels des médias, en raison notamment du niveau élevé d’impunité pour les crimes commis contre eux, d’après ses rapports publiés en 2025.

Plusieurs organisations de défense des droits humains et de la liberté de la presse ont déjà dénoncé ce décret, ainsi qu’un autre texte portant sur la Haute Cour de justice, qui a réduit les prérogatives de certaines institutions de contrôle, dont l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC).

Le CPJ indique toutefois rester disposé à rencontrer les autorités haïtiennes afin d’échanger sur ces questions et de discuter des garanties nécessaires pour renforcer la protection de la liberté de la presse dans le pays.

Mederson Alcindor
Vant Bèf Info (VBI)


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