Les signataires de l’Accord de Montana proposent une alternative pour éviter l’impasse politique
À l’approche de l’échéance constitutionnelle du 7 février, dans un contexte marqué par une aggravation de la crise sécuritaire, institutionnelle et sociopolitique, les signataires de l’Accord de Montana ont soumis, le 21 décembre 2025, une proposition visant à offrir une alternative politique afin d’éviter un vide institutionnel en Haïti.

Port-au-Prince, 30 décembre 2025.- Soutenue notamment par le Dr Jean Hénold Buteau et plusieurs organisations sociopolitiques, cette initiative se présente comme une base de discussion destinée à répondre à l’urgence nationale et à poser les jalons d’un nouveau cadre de transition, que ses promoteurs qualifient de plus inclusif.
Selon les signataires, la détérioration continue de la sécurité, la paralysie des institutions et la perte de confiance d’une partie de la population envers les autorités actuelles rendent nécessaire l’adoption de mesures transitoires capables d’assurer une gouvernance minimale et de préparer un retour progressif à l’ordre constitutionnel.
La proposition prévoit notamment le départ du Premier ministre en fonction, Alix Didier Fils-Aimé, à l’initiative du Conseil présidentiel de transition (CPT). Un membre du gouvernement actuel assurerait l’intérim jusqu’à la nomination d’un nouveau chef de gouvernement, afin d’éviter une rupture dans la gestion des affaires publiques.
Le document propose également la mise en place d’une « Conférence des acteurs », regroupant des organisations sociales et politiques structurées. Cette instance serait chargée de faciliter le dialogue national et de servir de cadre permanent de concertation entre les différentes forces du pays.
Un autre volet de la proposition concerne la création d’un nouveau Conseil présidentiel composé de trois membres. Ce format réduit est présenté par ses promoteurs comme un moyen d’améliorer l’efficacité décisionnelle et de limiter les tensions internes observées dans les expériences de gouvernance collégiale antérieures.
Les signataires suggèrent en outre la création d’un Organe de contrôle de la transition (OCAT), composé de neuf membres issus de la Conférence des acteurs. Cet organe aurait pour mission de superviser l’action de l’Exécutif, de formuler des recommandations en cas de dérives et d’accompagner les relations entre l’Exécutif, le corps diplomatique et l’appareil judiciaire.
La stabilité de l’Exécutif figure parmi les principes centraux du texte. Le Premier ministre ne pourrait être révoqué qu’en cas de faute grave ou d’insubordination avérée, et les remaniements ministériels seraient strictement encadrés. La désignation des ministres et des responsables clés se ferait selon un mécanisme concerté associant la Présidence, la Primature et la Conférence des acteurs, avec validation de l’OCAT.
Les signataires de l’Accord de Montana soulignent que cette proposition ne constitue pas une solution définitive, mais une base de travail appelée à être complétée par une feuille de route détaillée. Dans un contexte de forte incertitude politique, ils estiment toutefois qu’elle peut contribuer à alimenter le débat national et à prévenir une nouvelle phase d’instabilité à l’approche du 7 février.
Judelor Louis Charles
Vant Bèf Info (VBI)
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