Les Cayes : l’insécurité routière provoque une hausse préoccupante des accidents

La ville des Cayes est confrontée, depuis plusieurs mois, à une augmentation notable des accidents de la circulation, faisant régulièrement des victimes. La combinaison d’une forte pression démographique, d’un trafic mal régulé et d’une occupation anarchique de l’espace public contribue à une situation qualifiée d’alarmante par plusieurs observateurs.

Cayes, décembre 2025. —Selon des constats réalisés sur place, les accidents impliquent principalement des motocyclettes et des véhicules de transport en commun. Les axes majeurs de la ville, notamment le boulevard des Quatre-Chemins, Demapou et la route reliant le centre-ville à l’aéroport Antoine-Simon, enregistrent fréquemment des embouteillages prolongés et des collisions parfois mortelles.

Plusieurs facteurs expliquent cette dégradation de la sécurité routière. Le stationnement en double file sur les principales artères réduit considérablement la fluidité du trafic. À cela s’ajoute l’installation de commerces informels directement sur la chaussée, faute d’espaces marchands aménagés. Par ailleurs, l’arrivée massive de personnes déplacées en provenance de la région métropolitaine de Port-au-Prince, fuyant l’insécurité, a entraîné une surpopulation que les infrastructures routières locales peinent à absorber.

Interrogé sur la situation, l’ingénieur-architecte et spécialiste en aménagement du territoire Jean-Robert Mentor évoque une « pression démographique soudaine sur une ville qui n’a pas été conçue pour un tel volume de circulation ». Il souligne l’absence de signalisation adéquate, le manque de trottoirs et le non-respect du code de la route comme des éléments aggravants.

Selon lui, le problème dépasse le simple nombre de véhicules. « L’absence de régulation efficace crée un climat de tension chez les usagers. Les retards répétés favorisent des comportements à risque et augmentent la probabilité d’accidents », explique-t-il, appelant à une intervention renforcée de la Direction centrale de la police routière (DCPR) et à une réorganisation des marchés publics.

Les répercussions sont également sociales et économiques. Les retards fréquents affectent la productivité des travailleurs, tandis que les élèves subissent des perturbations dans leur scolarité, certains étant directement exposés aux risques routiers sur le trajet de l’école.

Face à cette situation, des habitants appellent les autorités municipales et policières à reprendre le contrôle de l’espace public et à mettre en œuvre des mesures urgentes de régulation afin de prévenir une aggravation du bilan humain.

Judelor Louis Charles
Vant Bèf Info (VBI)


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