L’échec recyclé : Moïse Jean-Charles, artisan de la crise et “solutionneur” autoproclamé

L’initiative menée par Moïse Jean-Charles, leader du parti Pitit Desalin, aux côtés d’autres signataires d’un nouvel accord baptisé Consensus politique pour le redressement national et la réorientation de la transition, suscite à la fois scepticisme et interrogations. Comment un acteur dont le parti est directement impliqué dans les échecs de la transition actuelle peut-il, sans remise en question ni bilan, se présenter comme le sauveur d’une crise à laquelle il a lui-même contribué ?

Signé le mercredi 12 novembre 2025, le document dresse un constat sévère du processus de transition en cours, le qualifiant d’inefficace. Ce jugement, pertinent sur le fond, apparaît néanmoins discutable lorsqu’il émane de ceux qui participent activement à la gouvernance qu’ils critiquent.

Le parti Pitit Desalin, dirigé par Moïse Jean-Charles, dispose d’un représentant au sein du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et contrôle le Ministère de l’Agriculture. Participer à la gestion de la transition, puis en dénoncer l’échec sans en assumer la part de responsabilité, relève selon plusieurs observateurs d’une stratégie politique calculée.

Moïse Jean-Charles, considéré comme l’un des artisans de la transition contestée, cherche aujourd’hui à s’en dissocier pour proposer une nouvelle feuille de route. Cette démarche soulève une question de crédibilité morale : après avoir contribué à l’impasse, peut-il réellement prétendre incarner la voie du redressement national ?

La quête d’un nouveau positionnement politique

L’appel à la création d’un exécutif bicéphale dont un président et un nouveau Premier ministre est présenté comme un moyen de restaurer la légitimité institutionnelle. Mais pour plusieurs analystes, cette proposition vise surtout à reconfigurer le pouvoir au profit des signataires, dont Moïse Jean-Charles, qui n’ont pas su imposer leur influence dans le cadre actuel.

La volonté affichée de rompre avec l’actuel CPT au-delà du 7 février 2026 apparaît moins comme un signe de renouveau que comme une tentative de repositionnement politique. Le leader de Pitit Desalin semble chercher à se dégager des conséquences de son propre engagement pour se replacer en chef de file de l’opposition, tout en se présentant comme porteur de solution.

Un leadership à crédibilité variable

La question centrale demeure : qu’est-ce qui garantit que Moïse Jean-Charles, déjà impliqué dans le processus qu’il dénonce, serait aujourd’hui en mesure de conduire une transition plus crédible et plus efficace ? Son nouvel accord apparaît davantage comme une manœuvre de repositionnement qu’une véritable solution à la crise haïtienne.

Le discours du leader de Pitit Desalin semble s’adapter aux circonstances, sans jamais s’accompagner d’une gouvernance tangible ni de résultats durables.

Judelor Louis Charles

Vant Bèf Info (VBI)


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