Le Suivi de l’exécution du Programme d’Investissement Public (PIP) par le MPCE affiche une performance budgétaire de 89 % pour l’exercice écoulé
Malgré un contexte économique et institutionnel exigeant, le Programme d’Investissement Public (PIP) rectificatif d’avril 2025 affiche une exécution budgétaire de 89 %, selon les données compilées par le Ministère de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE). C’est qui ressort d’une note du MPCE Ce taux de performance pourrait traduire deux choses : un effort de rigueur dans la gestion des fonds du Trésor public et une amélioration notable du suivi des projets d’investissement.

Port-au-Prince, octobre 2025.- Le PIP rectificatif, révisé en avril 2025, comprend 231 projets financés sur le budget national pour un montant total de 36,02 milliards de gourdes. Ces initiatives couvrent un large spectre d’interventions publiques dont Infrastructures, Santé, Education, Gouvernance locale, Energie, et Aménagement du territoire. Des secteurs clés ayant un rapport direct à la relance de l’investissement public et de modernisation de l’action de l’État.
Entre octobre 2024 et septembre 2025, le MPCE a reçu 204 Fiches d’Identité et d’Opération de Projet (FIOP), documents de référence pour le suivi des projets d’investissement. Cependant, plus de 70 % de ces FIOP ont dû être retournées aux institutions soumissionnaires afin de corriger diverses irrégularités administratives ou techniques. Une étape jugée indispensable pour le renforcement de la conformité des dossiers aux normes de gestion publique en vigueur.
Selon le document dont une copie est parvenue à la Rédaction de Vant Bef Info, le ministère a également traité 77 dossiers de décaissement incomplets, sans procéder à des paiements, préférant notifier les institutions concernées par accusé de réception pour les inviter à soumettre les pièces manquantes, notamment celles liées à la reddition de comptes. Ces démarches qui s’inscrivent dans une la volonté du MPCE d’instaurer une discipline administrative rigoureuse et de lutter contre les défaillances documentaires qui, historiquement, ralentissent l’exécution budgétaire en Haïti.
Des mécanismes de contrôle renforcés
À la suite de ce processus de vérification, 188 FIOP ont été validées et 173 transmises au Ministère de l’Économie et des Finances (MEF), appuyant ainsi des requêtes de fonds pour 162 projets. Ces transferts ont permis de mobiliser plus de 31,98 milliards de gourdes, soit près de 90 % des crédits budgétaires disponibles, un résultat jugé satisfaisant au regard des contraintes institutionnelles.
Une coordination interinstitutionnelle
Selon le MPCE, la réussite du processus de décaissement résulte d’une interaction continue entre les ministères sectoriels, les organismes autonomes et les deux principales institutions gestionnaires des fonds publics : le MPCE et le MEF. Chaque maillon du système joue un rôle bien défini. Le MPCE supervise la planification, la validation technique et le suivi des projets ; le MEF assure la mobilisation des ressources et le paiement effectif des dépenses et les ministères sectoriels, pour leur part, doivent fournir les documents techniques (Plans d’opération, Documents définitifs de projet, FIOP, Plans d’action) et les pièces de reddition de comptes (Bilans annuels, Relevés de dépenses approuvés, Rapports d’évaluation ou de clôture).
À cela s’ajoutent des obligations de conformité : contrats approuvés par la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA), plans de passation validés par la Commission Nationale des Marchés Publics (CNMP), proformas, factures et autres pièces justificatives nécessaires à la transparence du processus.
Vers une culture de résultats dans la dépense publique
Pour le MPCE, ces chiffres traduisent la montée en puissance d’une culture de performance et de recevabilité dans la gestion de l’investissement public. Le ministère rappelle que le succès du suivi de l’exécution du PIP dépend désormais moins des allocations budgétaires que de la capacité des institutions bénéficiaires à soumettre leurs dossiers dans les délais et selon les standards exigés.
L’exercice 2024-2025 marque ainsi un tournant à en croire la titulaire du Ministère de la Planification : la chaîne de dépense d’investissement, longtemps considérée comme lourde et fragmentée, montre désormais des signes d’efficacité et ce, grâce à un suivi plus serré et à la numérisation progressive des procédures administratives.
Une gouvernance financière sous surveillance
Dans un contexte de rareté des ressources, la mobilisation de 31,9 milliards de gourdes sur un total de 36 milliards représente un effort considérable pour le Trésor public. Mais les responsables du MPCE persistent et signent : la performance budgétaire ne se mesure pas seulement à la vitesse de décaissement, mais aussi à la qualité et à l’impact réel des projets sur le développement national.
« Chaque gourde investie doit produire un résultat tangible pour la population. La Planification publique n’est pas une simple mécanique de dépenses, mais un instrument de transformation du pays », confie une source technique du ministère.
Une dynamique à consolider
Si le PIP 2024-2025 témoigne d’un redressement administratif tangible, il n’en demeure pas moins que la pérennisation de cette performance dépendra de la continuité institutionnelle, du renforcement de la coordination intersectorielle et de la stabilité macroéconomique.
Le MPCE entend poursuivre la mise en œuvre d’un système de suivi informatisé et d’un cadre unique de reddition de comptes, deux outils essentiels pour asseoir une gouvernance publique plus transparente et orientée vers les résultats.
Vant Bef Info (VBI)
Discover more from Vant Bèf Info (VBI)
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
