Le Mexique passe outre les menaces de surtaxe des États-Unis et envoie deux navires d’aide humanitaire à Cuba
Le gouvernement du Mexique a annoncé avoir envoyé ce jeudi 12 février 2026, deux navires d’aide humanitaire à Cuba, alors que le président américain Donald Trump a menacé de surtaxe tout pays qui tenterait d’approvisionner en pétrole ce pays de la Caraïbe.

Mexico, le 12 février 2026–
En effet le président américain Donald Trump, décidé à exercer une pression maximale sur Cuba, avait signé le jeudi 29 janvier 2026 dernier un décret indiquant que les États-Unis pourraient frapper de droits de douane d’un montant non précisé les pays vendant du pétrole à l’île communiste.
La décision du gouvernement américain destinée à augmenter d’avantage la pression sur l’île communiste, s’appuie sur la déclaration d’un état d’urgence en lien avec la menace exceptionnelle que fait peser Cuba sur la sécurité nationale américaine.
Cependant, les navires mexicains ont accosté au port de La Havane, dans l’objectif de soutenir l’île communiste confrontée à une crise énergétique aggravée par les sanctions américaines, particulièrement au cours des semaines écoulées.
Les bâtiments du Secrétariat de la Marine ont transporté plus de 814 tonnes de vivres, de médicaments et de produits de première nécessité destinés à la population cubaine durement affectée par la pénurie de carburant et la paralysie des activités économiques.
« Le littoral de La Havane a accueilli les deux navires du Secrétariat de la Marine avec l’aide matérielle donnée par le Mexique à Cuba. Merci le Mexique ! Très bientôt au port et à destination de la population cubaine », a déclaré l’ambassadeur de Cuba au Mexique, Eugenio Martínez Enriquez, sur son compte X.
Par ailleurs, Washington reproche aux autorités cubaines de s’aligner et de soutenir nombre de pays, organisations terroristes internationales et acteurs hostiles aux États-Unis, dont la Russie, la Chine, l’Iran, le Hamas ou le Hezbollah. Le Cuba est également accusé de déstabiliser la région via l’immigration et la violence, notamment par la propagation des idées, programmes et pratiques communistes.
De son côté, le Cuba avait condamné la signature dudit décret, la qualifiant d’acte brutal d’agression. «Nous dénonçons devant le monde cet acte brutal d’agression contre Cuba et son peuple, soumis depuis plus de 65 ans au blocus économique le plus long et le plus cruel jamais appliqué à une nation entière, et que l’on promet désormais de soumettre à des conditions de vie extrêmes», avait dénoncé sur X le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez.
À rappeler que le président américain avait déjà signifié récemment à La Havane qu’il n’y aurait plus de pétrole pour Cuba sans accord avec les autorités américaines. Il convient également de rappeler que Donald Trump a placé sous contrôle américain le secteur pétrolier du Venezuela, notamment depuis l’enlèvement par l’armée américaine du président vénézuélien Nicolas Marudo et de son épouse en début d’année, principal fournisseur de pétrole de Cuba, son allié, depuis les années 2000.
Une nouvelle menace qui intervient alors que l’île suffoque sous la pénurie de carburant.
À noter que ces derniers jours, la situation s’est nettement détériorée après la décision des États-Unis de couper l’approvisionnement en carburant vénézuélien vers l’île, plongeant même le pays dans le noir, et se retrouvant ainsi à fonctionner au ralenti. De fait , cette mesure a accentué les coupures d’électricité, ralenti le commerce et exacerbé les tensions sociales.
De son côté, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a assumé son choix et a précisé qu’elle continuerait de venir en aide au peuple cubain. « Nous allons aider le peuple cubain, comme nous l’avons toujours fait », avait-elle déclaré lundi dernier lors d’une conférence de presse, affirmant que cet envoi s’inscrivait dans le cadre de la solidarité historique du peuple mexicain envers le peuple cubain.
« On ne peut pas étrangler un peuple comme ça », a ajouté la dirigeante mexicaine, condamnant le décret pris par le président Trump visant à imposer des sanctions aux pays exportateurs de pétrole vers l’Île.
Il convient par ailleurs de souligner que le Chili a également annoncé qu’il enverrait de l’aide humanitaire à Cuba, et a signalé un possible front régional de solidarité face au durcissement des sanctions américaines.
Alors que Donald Trump ne cesse de brandir l’arme du surtaxe à l’exportation à tout va, que ce soit pour les pays de l’Europe, de l’Asie ou de l’Amérique, plusieurs pays de la Caraïbe envisagent de passer outre ses menaces et de faire front si le besoin de fait sentir.
Wilda DÉNESTANT
Vant Bèf Info (VBI)
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