Le CPT à l’épreuve du temps et des promesses non tenues de l’accord du 3 avril 2024 portant à sa création

Le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) approche de la fin de son mandat, fixée au 7 février 2026. L’heure, selon plusieurs observateurs, est au constat d’un échec institutionnel. Des partis politiques, signataires, parties prenantes et autres se retrouvent confrontés à une transition incertaine et à une impasse démocratique. Que va-t-il se passer ?

Port-au-Prince, le 10 novembre 2025.-

En effet, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), créé par le décret du 12 avril 2024 et encadré par l’Accord du 3 avril 2024, avait pour mission principale d’assurer la gouvernance temporaire et de préparer des élections crédibles. Les articles 12.1 et 13 de cet accord étaient clairs, le mandat du CPT ne peut excéder le 7 février 2026 et aucune prolongation n’est autorisée. Cependant, les débats politiques et des déclarations publiques ont laissé entendre une volonté de contournement, fragilisant la crédibilité même du Conseil. L’article 10 du décret du 12 avril 2024, portant création du CPT, renforce cette limitation en rappelant explicitement le cadre défini par l’accord d’avril. En théorie, le CPT devait préparer sa dissolution et organiser la transition de manière ordonnée. Dans les faits, le CPT s’est enlisé dans des manœuvres troublantes, incapables de prendre des décisions importantes sans susciter des blocages.

À ce constat institutionnel s’ajoute le poids des partis politiques, certains partis politiques ont du mal à assumer leurs responsabilités ou à respecter les termes de l’accord. On peut citer des partis comme EDE, OPL, PHTK, Fanmi Lavalas, Pitit Desalin, l’accord du 21 décembre, entre autres, ayant tous leurs représentants au conseil. Soulignons que la structure dénommée 21 Décembre faisait partie de l’ancienne transition.

Si l’on se réfère à la Constitution Haïtienne de 1987, à travers son article 149, elle offre une voie. L’article précise qu’en cas de vacance de la présidence, le Conseil des Ministres, sous la présidence du Premier Ministre, doit exercer le pouvoir exécutif. Le décret du 27 mai 2024, article 28.1, rappelle cette prérogative, confirmant qu’aucun prolongement du mandat du CPT n’est légalement possible. Mais cette logique constitutionnelle a été ignorée au profit de manœuvres politiques.

En somme, on constate un Conseil paralysé, confronté à des crises personnelles et passant à côté de toutes ses missions principales. Les partis le composant se déchargent de toute responsabilité et plaident déjà pour une nouvelle structure après le 7 février, alors qu’ils sont les responsables de cet échec. À moins de trois mois, même avec un sursaut collectif, le CPT risque de s’éteindre sans avoir rempli ses deux missions clés, à savoir rétablir la sécurité et organiser les élections. La transition a, comme plusieurs autres, profité à ses initiateurs qu’à la population. N’est-ce pas la conséquence directe des accords défaillants et des partis politiques incapables de dépasser leurs intérêts partisans ?

Vant Bèf Info (VBI)


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