Le CARDH-H lance une initiative mobile contre la détention préventive prolongée

Le Centre d’Analyse et de Recherche en Droits de l’Homme (CARDH-H) a lancé, ce lundi, au Tribunal de première instance de Port-au-Prince, le projet baptisé « Initiative mobile pour la réduction de la surpopulation carcérale et de la détention préventive prolongée », visant à examiner sur place les dossiers de détenus en attente de jugement et à faciliter l’application des décisions judiciaires.

Port-au-Prince, 19 janvier 2026. —Selon les responsables du CARDH-H, cette initiative du Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique, executée par l’organisation, prévoit des séances d’habeas corpus et l’analyse accélérée des dossiers, avec la possibilité d’exécuter immédiatement certaines décisions judiciaires au Centre de réinsertion des mineurs en conflit avec la loi (CERMICOL) et dans d’autres centres de détention concernés.

Soutenue par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), l’opération s’inscrit dans un contexte de forte surpopulation carcérale et de détention préventive prolongée, un problème régulièrement dénoncé par les organisations de défense des droits humains en Haïti.

Le doyen du Tribunal de première instance de Port-au-Prince, Me Bernard Saint-Vil, a salué une démarche visant à renforcer l’État de droit et à améliorer l’efficacité du traitement judiciaire des dossiers, tout en rappelant la nécessité de respecter les garanties légales des personnes privées de liberté.

Lors de cette première séance, 21 dossiers ont été examinés, dont plusieurs liés à des infractions considérées comme mineures, telles que le vol de bétail ou de motocyclettes, passibles de peines théoriques de trois à quatre ans d’emprisonnement. Selon les organisateurs, certains détenus concernés totalisent pourtant entre dix et onze ans de détention préventive sans jugement définitif.

Le commissaire du gouvernement Fritz Patterson Dorval a annoncé que des séances similaires seront prochainement organisées dans d’autres juridictions, notamment aux Cayes, à Jacmel et à Petit-Goâve, dans le cadre de l’extension progressive du programme.

Les autorités judiciaires ont également indiqué poursuivre le traitement de dossiers sensibles, dont celui de Daphcar Salomon, affirmant leur volonté d’assurer un suivi conforme aux procédures légales et aux principes de transparence.

Cette initiative est perçue par les acteurs judiciaires et les organisations de défense des droits humains comme une tentative de réponse institutionnelle à un problème structurel du système pénal haïtien, même si son impact à long terme dépendra de sa régularité et de son extension à l’ensemble du territoire.

Christina Juliana Vilmé
Vant Bèf Info (VBI)


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