L’assassinat de Marie Ange Legrand par des gangs armés indigne Défenseurs Plus

Marie Ange Legrand avait 25 ans. Une jeune femme ordinaire, ménagère au commissariat de l’Arcahaie, emportée brutalement par une violence devenue trop familière en Haïti. Le mardi 9 décembre dernier, alors qu’elle se rendait à Saint-Marc pour encaisser un chèque, elle a été interceptée par des hommes armés affiliés au groupe de gangs de Canaan. Elle a été exécutée avec une extrême brutalité. Son corps, profané, n’a même pas permis à sa famille de lui offrir des funérailles dignes.

Port-au-Prince, 16 décembre 2026.- Un drame de plus dans un pays où la mort violente frappe sans distinction, mais où les femmes paient un tribut particulièrement lourd à l’effondrement sécuritaire.

Dans une note de presse transmise à la rédaction, le Collectif Défenseurs Plus condamne « avec la plus grande fermeté » cet assassinat qu’il qualifie de symbole de la banalisation croissante des violences faites aux femmes. « Le droit à la vie, à la sécurité et à la dignité de cette jeune femme a été piétiné et violé », dénonce l’organisation, profondément indignée.

Selon les défenseurs des droits humains, ce crime s’inscrit dans un contexte national marqué par l’insécurité persistante, l’impunité quasi totale et l’affaiblissement des institutions publiques. Une combinaison mortifère qui expose davantage les femmes, en particulier celles issues des milieux les plus précaires. « Les femmes constituent des cibles privilégiées des groupes armés, qui utilisent la violence pour asseoir leur domination et instaurer la terreur », souligne le Collectif.

Au-delà de la brutalité des faits, c’est aussi le silence qui entoure trop souvent ces crimes qui interpelle. « Ce drame, comme tant d’autres, est banalisé ou minimisé, notamment en raison du statut social de la victime », regrette Défenseurs Plus, dénonçant une hiérarchisation implicite des vies humaines. Une dérive qui, selon l’organisation, nie le principe fondamental d’égalité en dignité et en droits.

Pour Myriame Jean, responsable de l’axe Développement et Droits humains au sein du Collectif, l’enjeu dépasse le seul cas de Marie Ange Legrand. « Marie Ange était une citoyenne, une travailleuse, une femme. Elle devait jouir de son droit à la vie et à la dignité. Son nom ne doit pas s’ajouter à la longue liste des victimes oubliées », insiste-t-elle, appelant à rompre avec l’indifférence ambiante.

Face à cette nouvelle tragédie, Défenseurs Plus interpelle directement l’État haïtien et exige des mesures « concrètes et urgentes » pour protéger la population, en particulier les femmes et les filles, mettre fin au cycle de la violence et garantir les droits fondamentaux. L’organisation appelle également les citoyens à se mobiliser contre l’indifférence et à défendre les personnes les plus vulnérables.

Alors que les autorités multiplient les discours sur le rétablissement de la sécurité, la mort de Marie Ange Legrand rappelle cruellement l’écart entre les promesses officielles et la réalité vécue par des milliers de femmes haïtiennes. Des femmes qui continuent de vivre, et trop souvent de mourir dans un climat de peur et d’abandon et d’injustice.

Came Stefada Poulard
Vant Bef Info (VBI)


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