L’ANR appelle à une nouvelle transition politique, entre promesse de rupture et scepticisme

Alors que le pays continue de faire face à une crise multidimensionnelle marquée par l’insécurité, la fragilité institutionnelle et des difficultés socio-économiques persistantes, l’Alliance Nationale de Rupture (ANR) propose l’ouverture d’une nouvelle phase de transition politique fondée sur un consensus national.

Port-au-Prince, le 16 février 2026 — L’organisation estime toutefois que la dynamique politique actuelle demeure dominée par des acteurs déjà impliqués dans les précédents processus de gouvernance.

Selon Me Wilfrid Michel, l’actuel paysage politique regroupe plusieurs responsables ayant participé à la transition menée sous l’ancien Premier ministre Ariel Henry, ainsi qu’au sein du Conseil présidentiel de transition. Ces mêmes figures évolueraient aujourd’hui autour du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.

Une transition de 12 mois proposée

Face à la crise persistante, l’ANR suggère la mise en place d’une transition d’une durée de 12 mois, confiée à des personnalités présentées comme indépendantes et intègres. L’objectif annoncé est le rétablissement de l’ordre public et l’organisation d’élections devant conduire à l’installation d’autorités élues le 7 février 2027.

Cette proposition intervient après plusieurs cycles de transition politique qui, selon de nombreux observateurs, n’ont pas permis la mise en œuvre de réformes structurelles durables ni l’amélioration de la situation sécuritaire.

Scepticisme et crise de confiance

Malgré les objectifs affichés, la proposition suscite des interrogations quant à sa capacité à produire une rupture réelle avec les pratiques politiques passées. Le niveau de confiance de la population envers la classe dirigeante demeure faible, dans un contexte marqué par la montée de la violence armée, le déplacement de nombreuses familles et les difficultés d’accès aux services publics.

Parallèlement, plusieurs voix soulignent que les discussions politiques restent principalement centrées sur les mécanismes de gouvernance, alors que la population continue de faire face à des urgences sécuritaires et économiques.

L’enjeu d’un consensus élargi

Pour l’ANR et d’autres acteurs de la société civile, toute transition durable devrait impliquer un éventail plus large de participants, notamment les organisations communautaires, les jeunes, les acteurs économiques et les représentants de la société civile.

Plusieurs analystes estiment en effet que la crise actuelle dépasse le cadre institutionnel et touche désormais la crédibilité même de l’action politique.

Une transition sous conditions

Dans ce contexte, certains observateurs rappellent que l’efficacité d’une nouvelle transition dépendra notamment de mécanismes de transparence, de reddition de comptes et de mesures concrètes pour améliorer la sécurité.

À défaut de changements structurels, préviennent-ils, la nouvelle proposition pourrait s’inscrire dans la continuité des processus antérieurs, sans transformation significative du système politique.

Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)


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